img_6013Des 2 milliards d’habitants que comptera l’Afrique en 2050, la moitié vivra en ville. Ces chiffres rappelés par le sociologue Alioune Sall ont marqué la journée inaugurale de la 17ème édition du Forum de Bamako qui se tient du 23 au 27 février 2017.

La rencontre, unique dans son genre par la mixité des intervenants, européens et africains, est organisée par une Fondation du même nom présidée par Abdoullah Coulibaly. Le thème de cette année, “l’urbanisation en Afrique : les défis et enjeux de la croissance urbaine”, a suscité d’intenses débats et une pluralité de réponses.

Le nombre d’africains urbains, estimé à 450 millions aujourd’hui, va doubler en 2035, rappelle Alioune Badiane, ancien haut cadre de l’ONU-Habitat. L’expert  appelle à des réponses adéquates. “Entre 2000 et 2010, l’Asie a sorti 172 millions de personnes des taudis contre seulement 24 millions pour l’Afrique”. Le hiatus est encore net entre les deux rives du Sahara avec une partie Nord engagée dans des politiques d’éradication des bidonvilles là où la région subsaharienne présente un taux de prévalence des bidonvilles dépassant  les 50%.

Pour Abdoullah Coulibaly, Président du Forum de Bamako, “les populations des villes d’Afrique sont en croissance et celles-ci s’étendent spatialement sans pouvoir fournir des services de qualité aux usagers”.
Face à la pression démographique et en l’absence de véritables politiques d’urbanisation (seuls 12 pays en disposent), de décentralisation, l’on assiste à une “macrocéphalie” de nos villes et au phénomène de la verticalité.

Une ville comme Dakar, capitale du Sénégal, compte une densité de 4 700 habitants au kilomètre carré, soit, souligne le professeur de l’African Futur Institute, des défis divers posés aux pouvoirs publics et aux collectivités locales. L’explosion des bidonvilles, “conséquence de la faillite des politiques initiées par les pouvoirs publics” selon Alioune Badiane, est l’une des caractéristiques des échecs des politiques urbaines en Afrique.

Face à la forte pression de l’exode rural sur les villes, ne faudrait-il pas, s’interroge le togolais Didier Acouetey, président d’Afric Talents, mettre en œuvre des politiques permettant de fixer les jeunes sur les territoires. Un schéma à lequel n’adhère pas le professeur Sall: «vous ne pouvez ne pouvez pas d’un côté célébrer les vertus d’une mondialisation qui se traduirait par la circulation des capitaux et des idées et de l’autre essayer de fixer les gens”.

 

Pour l’ancien premier ministre malien, Moussa Mara, la clé du problème se trouve dans la réhabilitation du pouvoir local et la mobilisation citoyenne.
Attention seulement à ne pas croire que le problème viendrait d’une superpopulation. L’Afrique présente une densité de 40 habitants au kilomètre carré contre des pics de 8200 en Asie.


L’Algérie en prospection au Forum de Bamako

Placée sous le haut patronnage  du président Ibrahim Boubacar Keïta, et présidée par le Premier ministre malien, Modibo Keïta, la 17ème édition du Forum de Bamako avait l’Algérie comme invité spéciale. Une délégation d’hommes d’affaires algériens conduite par Ali Haddad, président du Forum des chefs d’entreprise (FCE), est venue prospecter et plaider en faveur d’un partenariat Sud-Sud bénéfique. Le Mali qui vient de se doter d’une loi sur les PPP s’apprête à lancer de grands projets d’infrastructure comme le 4ème pont de Bamako. Le pays compte 2 millions d’hectares de terres arables dont à peine 20% sont exploités. Le Mali produit 600 000 tonnes de mangues mais n’en exporte que 3%. Idem pour le coton dont le niveau de transformation est modeste.

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