Avec l’article 308 nouveau, la principale contrainte qui s’impose aux réassureurs est de garantir la disponibilité des capacités suffisantes et des ressources humaines hautement qualifiées … 

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El Hadj Seybatou AW- Administrateur Directeur Général d’AVENI-RE
El Hadj Seybatou AW, l’Administrateur Directeur Général d’AVENI-RE, Crédité d’une trentaine d’années dans le domaine de la réassurance, le «doyen » comme l’appellent affectueusement les professionnels du secteur a accepté de nous parler des performances et des perspectives de sa compagnie, ainsi que des contraintes auxquelles font face les réassureurs africains dans un contexte  nouveau. Morceaux choisis.

Comment se présente AVENI-RE et quel est son rayon d’activité ?

AVENI-RE est la première compagnie de réassurance privée en Afrique Francophone. Elle est créée le 25 octobre 2004 à Paris en France. Elle débute ses activités en janvier 2005 à Abidjan où elle établit son siège social. Avec un capital social de 02 milliards de FCFA à la création, la compagnie dispose depuis 2012 d’un capital de 08 milliards de FCFA, en cours d’augmentation pour atteindre 22 milliards en 2018. D’abord présente en Zone CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances), AVENI-RE a décidé dans le cadre de la mise en œuvre de son plan de développement, de  s’ouvrir à d’autres niches d’opportunités. C’est ainsi que depuis 2012, elle a accentué ses actions commerciales sur les marchés tels que celui de la zone COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa) et  celui de la zone MENA (Maghreb et Moyen-Orient) avec l’ouverture d’un bureau à Tunis en Tunisie. Cette ouverture des bureaux va se poursuivre afin de renforcer notre proximité géographique avec les cédantes désormais présentes non seulement dans la zone CIMA mais aussi au Maghreb, au Moyen Orient, en Afrique anglophone et lusophone, etc.


Quel bilan pouvez-vous dresser des activités d’Aveni-Ré en 2016?

Nous pouvons dire que le bilan des activités d’AVENI-RE au 31 décembre 2016 a été globalement satisfaisant, au regard des chiffres provisoires à notre disposition. Les objectifs qui nous ont été assignés par notre Conseil d’Administration ont été atteints ainsi que les résultats techniques et financiers.

En 2016, nous avons exploré d’autres niches d’opportunités dans  la sous-région telle que la zone COMESA (Marché commun de l’Afrique orientale et australe) et nous avons surtout renforcé notre présence dans le Maghreb.  Toujours en 2016, nous avons  assaini notre portefeuille au Moyen Orient et en Asie. Nous avons aussi pu maintenir notre croissance à deux chiffres jusqu’à la fin de l’exercice 2016.

Par ailleurs, l’agence de notation financière Global Crédit Rating (GCR) a reconduit pour 2016 et 2017, la note BBB+ (triple B plus) sur le plan régional et une note internationale B, plafonnée à la note souveraine de la Côte d’Ivoire.


En tant que réassureur, quelles sont les contraintes imposées à votre activité par l’amendement de l’article 308 concernant la rétention des primes ?

L’une des raisons d’être du secteur de l’assurance est d’accompagner le développement de nos économies en mobilisant des ressources par la collecte des primes d’assurance.  Eu égard à ce rôle, l’article 308 est extrêmement important  en cela qu’il va nous  permettre de retenir le maximum de primes dans la région pour le financement du développement de nos pays, surtout en phase d’émergence. Nous pensons qu’avec l’amendement de l’article 308, la principale contrainte qui s’impose aux réassureurs africains est de garantir la disponibilité des capacités financières suffisantes et des ressources humaines hautement qualifiées pour assurer la maitrise et la souscription des risques de pointe dans notre zone.


Quelles sont les perspectives d’Aveni-Ré pour 2017?

En guise de perspectives, notre plan stratégique prévoit une augmentation

de notre  capital social à 16 milliards de FCFA en 2017, une troisième notation par une agence de renommée internationale, une forte intensification de nos actions dans notre marché de base qui est la CIMA et une assise plus confortable dans le marché international de la réassurance.


Propos recueillis par Adama Wade