Par Albert Savana, Abidjan.


telechargement-1Ils promettaient des retours sur investissement de 300 à 1000%  sur l’Agriculture dans un délai allant de 3 à 6 mois. Beaucoup de souscripteurs ivoiriens sont tombés dans leurs filets. Bas de laine et fonds de tiroirs y sont allés. Au 6 janvier 2017,  66 milliards de FCFA avaient été   investi par 36 699 personnes physiques dans des champs sensés rapporter plus que l’or et le diamant. Problème, les superficies correspondantes aux investissements sont restées modestes révélant l’arnaque.

Les ménages et les immigrés se sont ruinés en croyant toucher du doigt le nouvel eldorado. Au final, la désillusion est grande. Face aux plaintes et mystères charriés par le business, l’Etat ivoirien a fini par sortir de sa torpeur et diligenter, courant novembre 2016, une enquête approfondie sur cet agro-business à la Madoff.

Le groupe de travail chargé de percer le mystère comprenait le Trésor Public, la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), l’Association Professionnelle des Banques et Etablissements Financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI), la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), la Direction de la Police Economique et Financière (DPEF), le Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) et le ministre de l’Agriculture et du Développement Rural a été mis en place le 04 novembre 2016.   Cette brigade officiait sous la présidence du Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique.

Les travaux ont conduit à l’audit de 16 entreprises d’agro-business dont Monhevea et Respidia World Group entre le 4 novembre 2016 et le 6 janvier 2017. Les résultats révèlent des incohérences. Alors que le  niveau d’engagement des 26 entreprises agro-business s’élevaient à 660 milliards de FCFA, les enquêteurs ne relèveront que 22,7 milliards de FCFA dans leurs comptes au 10 janvier 2017.

Les difficultés de paiement, récurrentes  depuis août 2016, se multipliaient. Au final, l’on découvre que dans la plupart des cas, les souscripteurs étaient rémunérés non par les rendements de l’activité mais plutôt par des souscriptions nouvelles. Bref, il s’agit du bon vieux modèle pyramidal ou système de Ponzi qui a été utilisé pour berner des souscripteurs. Et pour ne rien arranger aux choses des promoteurs de ces entreprises, les fonds collectés sont réinvestis à travers des sociétés écrans et l’acquisition des actifs immobiliers. A la suite des investigations, la justice ivoirienne a ordonné le gel des compte des 27 sociétés d’agro-business.  Des mandats d’arrêt ont été émis contre les dirigeants de certaines entreprises en fuite. Certains sont déjà en pension complète dans les maisons de la justice.

 

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