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Ces 26 et 27 janvier, Abidjan réunit les États d’Afrique de l’ouest à l’occasion du Sommet sur la coopération énergétique régionale. Un événement censé faciliter les échanges transfrontaliers en matière d’énergie, que la métropole ivoirienne n’accueille pas tout à fait par hasard.

Deux mois après la COP22 organisée à Marrakech (Maroc), l’Afrique tient un nouveau rassemblement autour de la question environnementale, mais cette fois à l’échelle du sous-continent ouest-africain. Pendant deux jours, ministres, experts et hauts responsables d’organismes publics et de groupements internationaux mettront en commun leurs connaissances lors du Sommet sur la coopération énergétique régionale. Dans un communiqué, Energy Net, l’entreprise organisatrice, a explicité l’objectif de l’événement : « libérer les capitaux internationaux afin de dynamiser l’intégration régionale en Afrique de l’ouest ». En d’autres termes, il s’agira de trouver des solutions pour faciliter l’accès, la production industrielle et le commerce rentable d’énergie entre les pays de la région.
Le gigantesque potentiel inexploité des énergies renouvelables
 
L’enjeu est de taille pour les États participants. L’Afrique de l’ouest abrite d’immenses réserves énergétiques, mais elles sont principalement exploitées par des multinationales étrangères. Outre la richesse de son sous-sol ‒ près de 30 % des gisements pétroliers découverts ces cinq dernières années dans le monde l’ont été en Afrique subsaharienne, d’après une étude de l’OCDE datant de 2014 ‒, la région possède également un gigantesque potentiel inexploité dans les domaines de l’hydraulique et du photovoltaïque. « Je n’ai jamais vu un seul autre secteur qui puisse créer autant d’emplois en Afrique que les énergies renouvelables », a déclaré le chanteur américain Akon, d’origine sénégalaise, lors de l’inauguration d’une usine de lampadaires solaires le 13 janvier 2017 à Bamako (Mali).
Pour orienter les débats du sommet, les organisateurs ont cité dans leur communiqué les récents exemples du Maroc et de l’Afrique du Sud, qui « illustrent les avantages d’une bonne gestion des projets de production d’électricité indépendante et démontrent un leadership efficace et transparent en accord avec les organisations multilatérales et le secteur privé », selon Energy Net. Le choix de la ville-hôte, Abidjan, y est également justifié. « En tant qu’économie bénéficiant de l’une des croissances les plus importantes en Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire constitue un point d’entrée majeur pour les entreprises africaines et internationales qui cherchent à investir dans la région, en plus d’abriter le siège de la Banque africaine de développement. »
La Côte d’Ivoire s’ouvre au monde
 
Avec un taux de croissance moyen de 8,5 % par an entre 2012 et 2015 selon la Banque mondiale, l’économie ivoirienne connaît un succès sans précédent, qui profite également à une population dont le salaire minimum a quasiment doublé entre 2013 et 2014 (60 000 francs CFA contre 36 000 auparavant). Grâce au programme national de développement, reconduit jusqu’en 2020 après la réélection sans heurt du président Alassane Ouattara en octobre 2015, le pays de 22,7 millions d’habitants assiste à l’essor important des secteurs de l’agriculture (cacao, caoutchouc, etc.), de l’industrie (énergie, BTP et agro-alimentaire) et des services (finance, télécoms, etc.), d’après le ministère français des Affaires étrangères. Sa raffinerie (SIR), qui assure l’autosuffisance énergétique du pays, exporte dans toute la région et se classe au deuxième rang en Afrique subsaharienne.
Premier partenaire commercial de la France dans la zone Franc, la Côte d’Ivoire ouvre progressivement son économie au reste du monde. En 2015, les entreprises françaises ont concentré 16 % des investissements directs dans le pays, soit moins que le Maroc (22 %), selon le Cepici (Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire). La Chine et le Nigéria sont également deux importants partenaires financiers de la Côte d’Ivoire, qui poursuivra son ouverture au monde en accueillant les VIIIèmes Jeux de la Francophonie du 21 au 30 juillet 2017 à Abidjan.
Article signé Tarik Siaka 

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