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Crédité d’un modeste bilan à la tête de l’Union Africaine, Dlamini Zuma veut prendre les rênes du parti de Nelson Mandela. L’homme à sa droite, Cyril Ramaphosa, pourrait compromettre cette ambition légitime.

Le parti historique de Nelson Mandela est à son tournant. L’African National Congress,  qui a inspiré nombre de leaders africains, est rattrapé par la mauvaise gestion des affaires publiques, le clientélisme et le népotisme.  Des voix dénoncent un laisser-aller encouragé par Jacob Zuma et tous les lobbys qui veulent imposer Dlamini Zuma comme successeur.  L’un des opposants à cette dévolution dynastique, en l’occurrence Cyril Ramaphosa, vice-président du pays depuis 2004,  fustige les mauvaises pratiques et dénonce ” l’achat de vote, la fraude électorale et même la violence. Nous devons faire face à la réalité qu’il y’a beaucoup de favoritisme dans notre mouvement et qu’il est enraciné dans une concurrence pour l’accès aux ressources”.  Il n’en fallait pas plus pour que la puissante ligue des jeunesses du parti (ANCYL), inféodée à Jacob Zuma, ne fustige le “milliardaire de Limpopo”.

L’ANCYL accuse  Cyril Ramaphosa et le ministre des Finances, Pravin Gordhan,  de conflits d’intérêt en allusion à leurs affaires incompatibles avec les charges publiques.  Les deux leaders du parti auraient des intérêts dans Bidvest Group (leader local du catering aérien et acteur numéro un dans plusieurs pays dont la Belgique)  et Comair (compagnie sud africaine privée, cotée à la Johannesburg Stock Exchange, deux entités qui ont des intérêts dans la compagnie aérienne  South Africaine Airlines (SAA). Des accusations que refute Ramaphosa plus que jamais en lice et fort du soutien du Cosatu, le  puissant syndicat local,   pour devenir le prochain président de l’ANC lors de son 54ème congrès en décembre 2017.

Le parti qui a subi sa plus mauvaise performance lors des municipales du mois d’août 2016 restera-t-il dans le clan Zuma?  Crédité d’un modeste  bilan à la tête de la Commission de l’Union Africaine, Dlamini Zuma est la candidate désignée d’un clan qui ne fait plus l’unanimité et à qui est reproché les contre-performances électorales du parti.  Aux élections générales 2014, l’ANC s’était imposé avec 60% des voix contre 22% pour le Démocratic Alliance (DA),  son principal rival.

 

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