Par Ndeye Magatte Kebe 

Pravind Jugnauth et sir Anerood Jugnauth
Pravind Jugnauth et sir Anerood Jugnauth

Le Premier ministre mauricien, Sir Anerood Jugnauth, a présenté sa  démission  lundi  23 janvier 2017. Il a été immédiatement remplacé par son fils Pravind.

Une désignation qui suscite un fort rejet de l’opposition, dénonçant une transmission du pouvoir par héritage familial. Celle-ci a même boycotté sa prestation de serment et entend se mobiliser pour réclamer de nouvelles élections.

Auparavant, le premier ministre démissionnaire, Anerood Jugnauth, âgé de 86 ans, a présenté dans la matinée sa démission à la présidente Ameenah Gurib-Fakim, conformément à ce qu’il avait annoncé samedi 21 janvier 2017 dans un message télévisé.

A sa sortie de la présidence, Anerood Jugnauth a déclaré que “le poste de Premier ministre est une fonction qui comprend de grandes responsabilités. C’est un grand fardeau. Je l’ai assumé, mais maintenant il est temps de céder la place aux jeunes. ‘’Je suis satisfait d’avoir toujours servi le pays honnêtement”, a-t-il  ajouté. Il faut savoir que Anerood Jugnauth,  ce dirigeant de centre droit, était le chef du gouvernement depuis décembre 2014. Son mandat devait prendre fin en 2019. Il a été Premier ministre de 1982 à 1995, puis de 2000 à 2003, et président de la République de 2003 à 2012.

Son fils Pravind, 55 ans a été nommé dans la foulée Premier ministre. Il a prêté serment dans l’après-midi, avec l’ensemble de son cabinet et va en même temps conserver son ancien portefeuille des Finances. Il est le chef du Mouvement socialiste mauricien (MSM), le principal parti de la coalition au pouvoir. C’est à ce titre que la présidente lui a demandé de succéder à son père.

“Je suis très serein. C’est une grande responsabilité qui m’a été confiée. Il nous faudra nous mettre au travail dès maintenant”, a déclaré Pravind après sa nomination.

Pour rappel, Anerood Jugnauth avait indiqué en septembre qu’il pourrait quitter son poste avant la fin de son mandat.

Depuis, la question de sa succession a donné lieu à des débats passionnés dans cet archipel de 1,3 million d’habitants, qui a connu une remarquable stabilité démocratique depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968.

Nombre de Mauriciens estiment que le poste de Premier ministre ne peut se transmettre de père en fils, sans passer par des élections.

L’opposition a appelé à une manifestation vendredi dans la capitale, Port-Louis.

A noter que, l’économie mauricienne est solide avec  3,5% de croissance  en 2015, selon la Banque mondiale. Elle est basée sur le tourisme, les services financiers et les exportations de sucre et de textiles.

 

Mais elle aura de sérieux défis à relever en 2017, avec la suppression prévue des quotas sucriers européens et l’entrée en vigueur en Inde de nouvelles règles générales contre l’évasion fiscale (GAAR), qui devraient avoir des conséquences sur l’île.

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