Le gel des avances statuaires de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) au profit des États est la décision lourde sortie le 23 décembre du sommet de Yaoundé.

Cette mesure indexée sur les recettes budgétaires de 2014 devrait ralentir la chute rapide des réserves en devises, base fondamentale de calcul de la parité entre le Franc de l’Afrique Centrale et l’euro. Le taux de couverture extérieure de la monnaie ne dépasse plus 50% alors que l’inflation menace de décoller du plafond de 3% où le consignait un cadre macroéconomique régional peu respecté en temps d’euphorie.

Il convient de souligner que si, techniquement, tout appelait à la dévaluation, aucune partie, à commencer par le hôte du sommet, ou encore la France, ne souhaitait de dévaluation ouverte.

A l’appel de Paul Biya, les 6 États de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), éreintés par une chute drastique des recettes des exportations de matières premières, secoués par d’énormes déficits budgétaires (conséquences de dépenses d’investissements mal calibrés) et confrontés à un ralentissement économique persistant (la croissance ne devrait pas dépasser 1% selon le FMI) , ont plutôt décidé d’apporter une réponse commune aux chocs exogènes en à acceptant à se soumettre à une discipline qui a fait l’objet d’un huis clos de 4 heures.

En présence des Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et de Michel Sapin, ministre français des Finances, les États ont décidé de faire la promotion du développement du marché des capitaux pour apporter les moyens de financer l’économie. Va-t-on enfin opter pour le développement intégral de la BVMAC (Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale), fragilisée par l’option camerounaise, principale économie de la région,  de privilégier la Douala Stock Exchange? Les deux places financières se sont plutôt neutralisées comme le montre leurs faibles capitalisations boursières.

L’autre mesure forte parmi les 21 résolutions donne force à la Banque Centrale de ramener le déficit budgétaire à moins de trois pour cent dans un délai de 5 ans. En clair, Il s’agit d’un  programme d’austérité encadrant étroitement les dépenses publiques. Problème, la plupart des États sont asphyxiés par des services de la dette reconstitués trop rapidement durant la décennie de l’abondance.
Cette crise aiguë devrait selon les observateurs accélérer l’intégration régionale puisqu’elle donne mandat aux instances régulatrices (La Banque Centrale en premier) de veiller à l’harmonisation des politiques économiques communes par le contrôle renforcé des déficits budgétaires. Cela ne sera pas, sans conteste, la moindre difficulté de la BEAC

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