Présenté aux acteurs de la Finance, le 14 décembre 2016 à Dakar, l’indice obligataire WBI (West African Economic and Monetary Union Bond Index) de BOA Capital et de son partenaire BMCE Capital apporte de la clarté dans le suivi des titres obligataires souverains.
Ce nouvel indice accompagné de sous-indices servira à mesurer la performance des titres souverains, à taux fixe, ayant un encours suffisamment significatif leur assurant une bonne liquidité sur le marché obligataire. Ces indices permettent de mesurer les performances par tranche de maturité et la performance globale du marché obligataire.

Malgré un compartiment primaire dynamique et un encours de 12 milliards d’euros d’obligations étatiques en circulation , le marché souffrait de l’absence d’instruments de mesures performants, ce qui explique les faibles transactions sur le compartiment secondaire. “Jusque-là, il n’y avait pas de benchmark, l’on ne pouvait pas mesurer la performance des gestionnaires faute de référence”, indique Amine Bouabid, CEO de Boa Group. Faute de visibilité, les gérants conservaient leurs titres jusqu’à maturité.

C’est pour palier à ces carences que l’idée de lancer un indice de référence permettant un meilleur suivi des obligations a vu le jour au sein du groupe BMCE Bank Of Africa. Il s’agit d’une innovation qui apporte de la visibilité à un marché obligataire ouest-africain resté domestique faute d’instruments de mesure permettant aux investisseurs internationaux de prendre position. “La profondeur du marché obligataire appelait à la mise en place d’un tel indice”, souligne Khalid Nasr, président du Directoire de BMCE Capital, estimant que cela va attirer davantage d’épargne dans la sous région.

En fait, la place Financière de l’UEMOA emprunte le chemin suivi par le Maroc qui, il y a 15 ans, dans le même niveau de capitalisation que le marché obligataire de l’UEMOA aujourd’hui, lançait (toujours par BMCE Bank) un indice devenu une référence à la base des innovations ayant permis de quadrupler la taille du marché. De 15 milliards d’euros au début des années 2000, le compartiment obligataire marocain est passé à 43 milliards en 2016 avec un marché secondaire extrêmement dynamique, attirant des investisseurs locaux et internationaux. L’indice de référence est adopté par 97% des fonds de gestion, ce qui dénote de sa généralisation.

Pour Adnane Chmanti Houari, Administrateur Directeur Général de Boa Capital, le lancement de l’indice WBI est de bon augure, intervenant quelques jours après que la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) soit introduite dans le MSCI frontier market. “Il s’agit du premier indice obligataire de référence dans la région. Cela va élargir le périmètre financier du marché”, déclare-t-il. Et d’insister sur l’attractivité induite: “c’est un signal très fort envoyé aux investisseurs Internationaux qui auront plus de facilité pour suivre le marché. Idem pour les investisseurs locaux comme les caisses de retraite qui veulent créer un portefeuille obligataire”.
Avec ce nouvel outil, les agents de Trésor, les banquiers, les gestionnaires des compagnies d’assurance, les entreprises industrielles, les gestionnaires des OPCVM et les organismes de prévoyance, peuvent s’essayer à une gestion plus dynamique de leur portefeuille, en intégrant les informations du marché de façon quotidienne.
L’indice WBI construit à partir d’une méthodologie et d’algorithmes accessible à tous les gestionnaires a pris en compte les aspérités d’un marché peu liquide constitué d’obligations étatiques à 70% avec une prépondérance de la Côte d’Ivoire (29% des émissions) et du Sénégal (16%).
A noter que l’indice ouest africain fait suite au lancement, la semaine dernière, de l’indice obligataire du marché tunisien sous le sceau du groupe BMCE Bank Of Africa, pionnier dans le domaine.

 

Adama Wade

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