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Le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 7 décembre 2016, un investissement de 25 millions de dollars EU dans le capital de départ du Fonds obligataire domestique africain (dit par acronyme anglais ADBF).

L’ADBF a été conçu dans le cadre de l’Initiative des marchés financiers africains (AFMI par sigle anglais) lancée en 2008 avec le soutien de la BAD. L’ADBF a pour objectif de contribuer au développement des marchés de la dette en Afrique, en renforçant l’infrastructure du marché obligataire domestique et en investissant dans les titres obligataires libellés en monnaies locales. Ce fonds obligataire domestique africain est l’un des deux volets d’activités majeurs de l’AFMI, l’autre étant sa base de données des marchés financiers africains (dite AFMD par sigle anglais).

L’ADBF devrait changer la donne pour les investisseurs désireux d’accéder aux marchés obligataires africains. Il est structuré sous la forme d’un Fonds indiciel amélioré coté à Maurice, mais sera également coté dans d’autres places boursières pour être à la portée d’autres investisseurs potentiels. Un gestionnaire de fonds extérieur – la Mauritius Commercial Bank Investment Management Co Ltd., MCBIM) en assurera la gestion. « L’ADBF vise à stimuler le développement des marchés obligataires nationaux en Afrique, en proposant un produit innovant et efficace sous la forme d’un Fonds indiciel obligataire amélioré, pour élargir la participation des investisseurs », ainsi que le présente Charles Boamah, vice-président de la BAD en charge des finances, qui préside à ce titre le comité de pilotage de l’Initiative des marchés financiers africains.

Avec l’ADBF, les investisseurs ne devraient plus être réticents à s’engager sur les marchés obligataires domestiques en Afrique. Les marchés le démontrent : le risque de crédit africain n’est pas ce qui freine les investisseurs internationaux. Ceux-ci hésitent à investir des capitaux en Afrique, à cause d’obstacles techniques dont il s’avère qu’ils peuvent être surmontés. Aussi, la structuration d’un produit à même de rassurer ces investisseurs est susceptible d’attirer des capitaux, locaux et internationaux, vers les marchés africains. En effet, si les euro-obligations font l’objet d’une forte demande, qui témoigne d’une appétence pour le risque souverain africain, cela ne se traduit pas en un attrait pour les obligations en monnaies locales, qui offrent pourtant des rendements plus élevés qui compensent les risques de change.

« En dépit de ces préoccupations et contraintes techniques, les marchés obligataires en monnaies locales en Afrique ont le potentiel d’attirer davantage de capitaux internationaux », de l’avis de Stefan Nalletamby, directeur du Département du développement du secteur financier. Et d’ajouter : « La BAD en tant que première institution financière de développement en Afrique joue un rôle précurseur sur les marchés africains par la création d’ADBF. Elle apporte ainsi une solution locale à plusieurs faiblesses structurelles. »