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Un porte-drapeau de cette nouvelle race de businessman sahéliens plus connectés avec l’Asie qu’avec l’Europe.

El Hadj Mahamadi Sawadogo dit Kadhafi, 52 ans,   est le nouveau président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF). Le PDG du groupe SMAF International l’emporte avec 93 voix contre 48 pour l’incontournable Apollinaire Compaoré, son principal challenger, desservi, il faut le dire, par une actualité chargée sur le front judiciaire et  des manœuvres sibyllines entreprises ces dernières semaines pour remporter le vote.
Le surnom de Kadhafi colle à ce capitaine d’industrie depuis son passage en Libye (1978-1982). Une étape décisive qui a permis à cet arabisant de créer de solides soutiens dans le monde arabe et transsaharien. L’élection s’est joué pour partie sur le charisme des candidats et pour partie sur leurs propositions.
Si Kadhafi a bénéficié du soutien clair des premiers ténors du monde des affaires et d’associations représentatives comme l’Amicale des jeunes entrepreneurs et commerçants du Burkina Faso,  son principal challenger, Appolline Compaoré, lui,  est allé de toutes ses forces puiser  des renforts dans les seconds et les troisièmes rangs.  Au final, les urnes ont parlé.
La transparence de la procédure de l’élection qui s’est déroulée à la Salle des Banquets de Ouaga 2000 est plutôt de bon augure…Derrière  les deux poids lourds, Adama Ouedraogo  dit Adama Palm Beach pointe à la troisième place avec un total  de 7 voix  mesurant par la même occasion son poids réel au sein du monde des affaires.
Le programme du nouveau président porte sur la réforme du secteur du commerce en vue de formaliser les petits commerçants et, entre autres, la création d’un fonds de garantie pour faciliter l’accès du crédit aux femmes et aux jeunes. Évoluant dans le Business depuis l’âge de 25 ans, Kadhafi incarne le profil type de l’entrepreneur africain, obstiné dans le travail et prêt à arracher les succès fut-il avec les dents.
L’ancien Etudiant en Libye, une fois de retour, a construit un conglomérat allant du transport des biens, des taxi-compteurs, des pièces de rechange  à l’hôtellerie en passant par le commerce et le BTP, prolongeant en quelque sorte les activités de son père qui avait prospéré dans le commerce de la noix de cola et du divers.
Kadhafi appartient à cette génération de sahéliens qui ont établi un pont commercial avec la Chine, Singapour et l’Inde, principaux pôles d’échanges avec le monde des affaires de Ouagadougou à Bamako au détriment de Paris, Londres et New York, trop chères et trop compliquées pour le Business africain.

 Adama Wade
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