fidIl  était tout à la fois. Le leader charismatique de la lutte contre l’impérialisme. L’implacable dictateur accusé d’avoir jeté une partie de son peuple par delà les mers.
Le stratège qui aligne incontestablement l’un des meilleurs indicateurs de développement humain, par son système de santé performant et son système éducatif inclusif.

Mais aussi l’exportateur net de colonnes de guérilleros en soutien à ses frères d’armes en Afrique, lui qui déclarait dès son premier discours, le 2 septembre 1960, que Cuba était non seulement latino-africain mais aussi latino-africain ».

L’intervention au Congo Belge (RDC), en 1964, à travers l’argentin Ernesto Che Guevera, pour appuyer la révolution Simba fut un fiasco. Tout au contraire du soutien logistique et financier apporté aux indépendantistes de la Guinée Bissau et du Cap-Vert.

En Angola, siège de l’une des guerres civiles les plus meurtrières, la Havane, épaulera de toutes ses forces le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), du leader marxiste Agostinho Neto, ennemi juré de l’Unita de Jonas Savilbi soutenue alors paf l’Afrique du Sud et le bloc Ouest. Cuba y enverra 50 000 soldats en 1975.

L’échec de l’armée sud-africaine en 1988, lors de la bataille de Cuito Cuanavale, a certainement accéléré la fin du régime raciste de Pretoria. La Namibie annexée d’où partirent les attaques vers le Sud de l’Angola fut libérée, proclamant son indépendance. Deux ans plus tard, le régime sud-africain, sous pression, proclama la fin de l’apartheid. Est ce un hasard si le premier voyage officiel de Nelson Mandela, au lendemain de sa libération fut Cuba?
« L’intervention de Cuba en Angola et la défaite de l’armée sud-africaine ont contribué à détruire le mythe de l’invincibilité de l’oppresseur blanc et inspiré les masses dans la lutte pour la liberté. », dira Mandela.
Cinq décennies de pouvoir plus tard, Fidel Castro s’est éteint vendredi à 90 ans sans rien ou presque concéder aux USA, son ennemi juré qu’il a pratiqué d’Eisenhower à Georges Bush. « L’histoire se rendra compte de l’énorme impact

laissé par ce personnage singulier sur les gens et la population qui l’entoure » s’est contenté de dire Barack Obama. Son successeur, Donald Trump, parle du « dictateur brutal qui a opprimé son peuple ». Le président français François Hollande évoque à juste titre l’homme qui avait incarné la révolution cubaine, « dans les espoirs qu’elle avait suscités puis dans les désillusions qu’elle avait provoquée ». Le Sud-african Jacob Zuma salue le leader qui s’est « identifié à notre lutte contre l’apartheid et a porté le peuple cubain à se joindre à nous dans notre lutte contre l’apartheid ».
Pour sa part, Vladmir Poutine a rendu hommage au « symbole d’une époque ».
Nul ne lui contestera cependant, au delà des prismes idéologiques, son rang de « géant de l’histoire » aux côtés des grands leaders qui ont incarné la lutte contre l’impérialisme et le néocolonialisme.
Ce fils d’un immigré espagnol, né en 1926, dans le village de Biran, à accédé au pouvoir le 1er janvier 1959. Agé alors de 32 ans, il parvient, au terme d’une longue guérilla dans le maquis de Sierra Nevada à renverser le gouvernement pro-marocain de Batista.
L’ avènement d’un gouvernement communiste à 150 km des côtes de la Floride inquiètera Washington. Au départ, l’homme à l’uniforme vert olive se voulait « non aligné » tout en proclamant une révolution économique et sociale. L’Oncle Sam place l’Ile sous embargo en 1961 accélérant ainsi son rapprochement avec Moscou autorisé à y installer ses missiles en 1962. La crise de la baie des cochons qui s’en suivit conduira le monde au bord de la troisième guerre mondiale évitée de justesse.

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