L’Afrique compte 67 millions de smartphones et 51 millions d’utilisateurs Facebook, rapporte une note sectorielle  de Performance Group. Le continent noir est le lieu qui connaît l’une des plus fortes progressions de l’économie numérique. Jusqu’ 40% du PIB du Kenya transite par  la mobile money.

 Ces chiffres qui mettent en exergue un potentiel de développement élevé  masquent une réalité: l’absence d’un écosystème numérique. Ainsi, la moyenne du taux de pénétration de l’Internet n’excédait  pas 16% en 2013. L’étude appuie sa thèse sur cinq points qui sont autant de leviers pour l’émergence: le manque d’infrastructures numériques, la déficience du   cadre juridique, le manque de ressources humaines (l’on dénombre 153 millions d’analphabètes sur le continent), la faiblesse du tissu de PME locales et la faiblesse de la diffusion de la culture numérique.

Ce sont là des leviers de transformation structurelle et il importe, soulignent les auteurs de l’étude, que les Etats africains accélèrent la cadence de leur conversion au numérique. Le cabinet panafricain passe en revue les impacts positifs de l’application de la technologie numérique dans divers  domaines dont ceux de  la Santé et de l’Education, recommandant au passage un désengagement des pouvoirs publics au profit des groupes privés prêts à investir et à transformer des réseaux physiques budgétivores  naguère gérés par les Etats en réseaux intelligents et souples.

 « Les Etats pourront, eux, se concentrer sur leur fonction de garant de la qualité du service dispensé via des cahiers de charge contraignants ». L’illustration parfaite de ce schéma est certainement la Bourse éthiopienne des Commodities (Ecx), une success story qui a permis la hausse des chaînes de valeur de l’Agriculture depuis son Implantation en 2008. Quelque 2,7 millions d’agriculteurs éthiopiens se connectent quotidiennement, ce qui a permis à un volume de transactions d’atteindre  le milliard de dollars en 2014. 

Dans ses recommendations, Performance préconise la libéralisation des services administratifs aux entreprises et des partenariats Public -Privé novateurs pour exécuter certaines prestations comme la délivrance de visas, la perception des droits de douanes et les  taxes locales …L’Ile Maurice et le Rwanda constituent à cet effet des exemples à suivre aux côtés du Maroc, champion continental de l’offshoring.Tout comme l’Etat nigérian de Cross River lequel, grâce à la numérisation,  a réussi à réduire à 21 jours le délai d’immatriculation d’un titre foncier contre plusieurs années auparavant. C’est dire de l’impact du numérique sur le développement.  Les gains de productivité du secteur sont  estimés  à 24 milliards de dollars par la Banque Mondiale, e soit 2% du PIB  de l’Afrique Subsaharienne.


Lire l’interview de la consultante Alice Joubert de la Motte de Performance Group, auteur de la note sectorielle sur la révolution numérique en Afrique.

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