De notre envoyé spécial, Jean Mermoz Konandi
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Les parties prenantes à la COP 22 doivent résolument passer à l’action via des initiatives concrètes et le secteur des transports a des modèles à partager.

Cinquième plus grand groupe de transports urbains au monde, et disposant de plusieurs filiales sur les 5 continents, y compris au Maroc, le groupe français RATP a piloté, ce 12 novembre à Marrakech, un side event sur la thématique suivante : Transport et mobilité, quelles avancées pour concrétiser l’accord de Paris ?
Transition énergétique
Le transport public est un secteur clé pour l’atteinte des objectifs des Accords de Paris, a relevé Mme Borne, PDG du groupe français. Ce d’autant plus que selon les études, le quart des émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie est le fait du secteur des transports. D’où la nécessité de rendre effectif le processus de transformation des entreprises du secteur en déployant une stratégie d’innovation ciblée sur le biogaz et l’électrique, selon Marie-Claude Dupuis, directrice du matériel roulant du groupe RATP.
Pour joindre l’acte à la parole, le groupe programme d’ici 2025 de convertir ses 4 600 bus exploités en région parisienne en engins éco-compatibles avec à terme, 80% de bus fonctionnant à l’énergie électrique et 20% en biogaz. Un signal qui a déjà attiré les constructeurs européens et même chinois qui se sont empressés de tester et de proposer leurs prototypes au transporteur.
« C’est ce genre de signaux qui incitent à la recherche et contribuent à faire baisser le coût de l’innovation » a souligné MC Dupuis.
Infrastructures publiques, subvention et exploitation privée
Mais encore, faut-il disposer des infrastructures nécessaires pour amener les citoyens à adopter le transport public comme moyen privilégié de mobilité et pour cause : « le déficit de voiries se ressent sur le transport public et a tendance à encourager l’utilisation de véhicules personnels », a signifié Nourredine Boutayeb, secrétaire général du ministère marocain de l’Intérieur.
Les coûts peuvent toutefois décourager plus d’un. « Un kilomètre de Tramway coûte 200 millions de dirham (environ 20,2 millions de dollars, ndlr) » a en outre relevé M. Bouteyeb. Un chiffre  à considérer beaucoup plus comme « un investissement » au regard des impacts positifs sur la vie économique. Prenant le cas du Maroc, il a relevé que le royaume finançait en grande partie, comme aux États-Unis, les infrastructures ferroviaires avant de les concéder via un contrat d’affermage à un opérateur qui en assure l’exploitation commerciale. Un choix qui « sécurise le prestataire ». Et, dans cette perspective, « l’Etat prend même en charge le déficit d’exploitation sur les trois premières années ».
Résultat de cette option politique, le réseau ferroviaire marocain en plein développement, avec 2 110 km, est l’un des plus modernes en Afrique.
Ces deux exemples pourraient bien inspirer sur le continent où la problématique du transport public se pose encore avec acuité.
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