Par Mariata DIENG

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Après avoir réussi sa démutualisation, l’assurance AMI (Assurances Mutuelles Ittihad) avait décidé d’augmenter son capital de 5,228 MDT. Cette augmentation avait été clôturée en janvier dernier.

L’objet en était, d’abord de favoriser le renforcement des fonds propres d’AMI Assurances et par conséquent, constituer une marge de solvabilité et une couverture des engagements conforme aux exigences réglementaires. Ensuite de consolider sa position sur le marché local et surtout doter l’entreprise de moyens lui permettant de mieux préparer l’association avec un partenaire stratégique et accéder ainsi à de nouveaux marchés, et commencer ainsi à couvrir des risques élevés. Cela lui permettra de diversifier son portefeuille produit et d’améliorer par conséquent sa compétitivité.

Le renforcement de ses fonds propres réussi, l’AMI a entamé l’ouverture de son capital à un partenaire étranger, à hauteur de 35 % et a pour cela émis une demande de manifestation d’intérêt par le biais de la BAT (Banque d’Affaires de Tunisie) qui pilote l’affaire. Au moins deux grands groupes d’assurance tunisiens et 3 autres marocains ont retiré le cahier des charges et ont eu accès à la «Date-Room» virtuelle ouverte pour l’occasion. Pour les Tunisiens, il s’agit selon nos informations du GAT (Groupe des Assurances de Tunisie) et du groupe La Carte, deux des plus grands assureurs tunisiens avec la Tunis-Ré.

Chez les Marocains, ce sont les groupes Saham, le groupe Halmarcom qui est le 6ème sur la place marocaine, Wafa Assurance, leader sur le marché et dont la banque Attijari Bank a déjà ouvert une filiale vie qui se positionne déjà en leader du marché vie en Tunisie avec une capitalisation de 45 MDT. Wafa, qui semble très intéressée par le contrôle d’AMI, a délégué une équipe de 50 personnes chez l’assureur tunisien qui a même enregistré la visite du PDG de Wafa à deux reprises.

En attendant la remise des offres, prévue pour le 2 décembre 2016, les actionnaires tunisiens cachent leurs intentions, surtout devant les Marocains qui voudraient prendre le contrôle de l’AMI en achetant ce qui leur manque, soit directement sur le marché, soit chez les actuels grands actionnaires. 

Chez l’AMI en effet, la BNA (Banque Nationale Agricole), une des rares banques qui n’a pas réussi à enlever l’autorisation de banque-assurance, et qui est actionnaire à hauteur de 26 %, affirme son intention de garder ses positions qui lui permettraient de créer les synergies nécessaires avec les assurances AMI. Il y a aussi le groupe HBG (Hédi Bouchammaoui Groupe), qui nie toute intention de céder tout ou une partie de ses 23 % de parts dans le capital de l’AMI qui attire toutes les convoitises. Dans le capital de l’AMI, il y a aussi l’UGTT (organisation syndicale ouvrière) qui, avec ses 9 %, cohabite sereinement avec le patronat et le secteur bancaire public.

Le 2 décembre prochain, ce sont en premier lieu les offres techniques qui seront ouvertes et les meilleures notes iront à celui qui présentera le meilleur plan de développement de l’AMI, celui qui aura la meilleure expérience internationale dans le secteur des assurances et celui qui fera preuve de la meilleure solidité financière.

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