Fin octobre, une importante réunion a lieu en
Afrique du Sud entre le
Fonds Vert pour le Climat
et les 54 pays africains
réunis. Cruciale.

Le malien Seyni Nafo, président du groupe de négociateurs africains pour la COP 22, nous le disait il y a quelques semaines: «l’Afrique doit soumissionner des projets pour le fonds vert. Il y a de l’argent disponible qui n’attend que des projets à approuver». Aussi, la rencontre qui se déroule à Cap Town du 24 au 26 octobre entre les 54 pays africains et le Fonds Vert pour le Climat à lequel se joignent la Turquie, le Brésil et la Chine, est un moment important avant la COP de Marrakech. «Nous devons nous inscrire à une véritable stratégie de la diplomatie climat », explique le financier malien. Chaque Etat du continent est représenté par trois délégués, à savoir le point focal du fonds vert, le point focal climat et un représentant du ministère des Finances. L’objectif c’est d’arriver à un pipe line direct de 5 milliards de dollars avec le fonds vert, explique             M. Nafo. Les enjeux sont à la fois stratégiques et financiers. Ainsi, chaque pays africain pourra disposer jusqu’à 3 millions de dollars pour la préparation de son plan d’adaptation, cela sans tenir compte du million de dollars accordé au point focal pour le fonds vert. Notons que la Chine amis en place un pipe line de 3,1 milliards de dollars pour les questions d’adaptation. D’où sa présence attendue forte à ce rendez -vous. Concernant le Fonds vert, les soumissions africaines doivent être à la hauteur de l’argent disponible. Sur l’année 2015, les approbations initiales sont allées au Malawi et au Sénégal pour 20 millions de dollars au total. Ces deux pays ont soumissionné au
premier palier plafonné à 10 millions de dollars. Le deuxième palier, entre 10 et 250 millions de dollars et le troisième, au delà de 250 millions de dollars, voient peu de demandes subsahariennes à l’exception de l’Afrique du Sud et du Nigeria. Le fonds a approuvé des projets dans la région en 2015 pour plus de 47,2 millions de US. Sur ce montant, 2,5 millions US ont soutenu des efforts de préparation avec environ 20 millions d’US pour l’adaptation et des efforts de résilience visant à élargir l’information climatique et des systèmes d’alerte précoce au Malawi ainsi que la restauration des terres salinisées pour les communautés au Sénégal. En outre, le GCF a également approuvé un investissement de 20 millions
US sur capitaux propres à un projet régional d’atténuation: le Fonds Ventures KawiSafi qui prévoit de lever 100 millions US pour investir dans les petites entreprises solaires hors réseau en Afrique orientale, en commençant au Rwanda et au Kenya. A l’heure actuelle, le plus grand projet approuvé en 2010 et en cours de réalisation en Afrique subsaharienne est le Programme d’appui aux énergies renouvelables d’Eskom, en Afrique du Sud, pour un montant de 350 millions de dollars, par le biais du FTP. Il vise à favoriser le développement à grande échelle de l’énergie solaire à concentration et de l’énergie éolienne. Le plus grand projet d’adaptation en Afrique subsaharienne est le projet d’action communautaire pour la résilience climatique au Niger, approuvé en 2011. L’objectif principal de ce projet est d’améliorer la sécurité alimentaire des communautés rurales en renforçant la résilience des systèmes agricoles à la variabilité et aux changements climatiques.
Statu quo
Le danger qui guette le Fonds vert et de voir se reconstituer autour de lui un circuit d’intermédiation coûteux pour les attributaires. L’agrément de la Banque Mondiale, de l’Agence fran- çaise de développement et d’autres institutions multilatérales a tendance à reproduire le statu quo en vigueur dans l’architecture de l’aide publique au développement. L’annonce prochaine de l’agrément de la BOAD (retardée par les américains farouchement opposés à l’agence coréenne de développement qui était sur la liste des entités à certifier) va marquer un pas important pour l’UEMOA.

Un traitement PMA qui rappelle l’aide publique au développement
Pour l’heure, le gros du bataillon des pays les moins avancés (PMA) se trouvant en Afrique Subsaharienne, l’on a tendance à s’adresser aux guichets multilatéraux pour le climat. En 12 ans- entre 2003 et 2015- 33 Etats PMA ont reçu 1,6 milliards de dollars. La Tanzanie, le Niger, le Rwanda et la RDC sont les principaux PMA bénéficiaires, chacun devrait recevoir plus de 100 millions US pour des projets approuvés. L’agriculture est le secteur le plus financé dans les PMA de l’Afrique subsaharienne, avec 350 millions US d’approbations de projets en cours dans ce secteur et, comme prévu, les dépenses d’adaptation sont cinq fois supérieures à celle de l’atténuation. Alors que le Fonds pour les pays les moins avancés (PMA) a fourni aux PMA de l’Afrique subsaharienne la plus grande quantité de financements, les projets du Programme pilote pour la résilience climatique (PPCR) ont été le plus grand en volume; soutenant le Niger, la Zambie et le Mozambique. Selon les données, les projets d’adaptation ont reçu 44 % seulement des financements octroyés depuis 2003. L’équilibre entre adaptation et atténuation s’améliore, il faudra continuer à prioriser l’adaptation en Afrique subsaharienne. Le Fonds vert pour le climat (GCF) est susceptible de soutenir ceci avec un engagement de concentrer 50% de ses financements sur des projets d’adaptation au changement climatique.

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