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Le gouvernement a annoncé ce 9 novembre la hausse du prix d’achat de coton graine au paysans dans l’espoir de relance la production nationale qui a chuté de 31% en l’espace d’une année. Une baisse qui s’explique en partie par la ruée vers l’anacarde, auréolé du titre de « cacao du nord » ivoirien.

Pour la campagne 2016-2017 qui s’ouvre, les producteurs ivoiriens seront rémunérés à hauteur de 250 FCFA par kilogramme de coton graine, soit une hausse de 15 francs par rapport à la dernière saison. Une embellie que le gouvernement justifie par la nécessité de « relancer » la filière.
Sur la dernière campagne 2015-2016, l’offre du troisième producteur africain de coton graine est en effet passée à 310 377 tonnes contre 450 000 sur la campagne précédente, soit une baisse de 31%. Ce résultat « en deçà des attentes » est notamment dû à un climat plus austère, mais également à ce qui peut être considéré comme un  manque d’intérêt croissant pour la culture du coton. Non seulement les superficies emblavées sont en baisse, mais également le nombre de producteurs a chuté, selon le gouvernement, passant d’un peu plus de 121 000 à 113 200 paysans.
L’effet anacarde ?
Pour certains spécialistes, il faut également jeter les regards vers une autre spéculation concurrente qui prend de l’ampleur dans le nord ivoirien pour expliquer ce désamour. Certes la filière coton est confrontée à de nombreuses contraintes, mais l’attrait pour l’anacarde est un autre défi pour une culture qui avait déjà été fragilisée par la décennie de crise qu’avait traversé le pays.
Si le rendement du coton est réputé plus élevé que celui de l’anacarde, l’investissement en travail et en intrants beaucoup plus important a rendu l’anacarde plus lucratif, surtout que les cours de cette dernière spéculation sont à la hausse depuis le début de la décennie. Ce qui a pour conséquence la ruée vers l’anacarde bien perceptible dans la moitié nord du pays.
Selon les chiffres officiels du Conseil Coton Anacarde (CCA, l’organe public de gestion de la filière), l’on est passé d’environ 100 000 producteurs à plus de 165 000 entre 2014 à 2015. Et la production a connu un essor spectaculaire, passant d’un peu moins de 65 000 tonnes en 2000 à 550 000 en 2014 puis 702.000 tonnes en 2015, faisant du pays le premier producteur mondial.
« L’anacarde avait une importance résiduelle. Dans les années 1990, les paysans ne s’y intéressaient que parce qu’il permettait d’avoir juste un peu d’argent parallèlement au coton. Mais aujourd’hui, on s’y intéresse pour gagner beaucoup d’argent » nous indique Saliou Ouattara, président d’une coopérative de producteurs.
Les retombées financières sont en effet importantes. 288 milliards FCFA ont ainsi été distribué aux paysans en 2015, une enveloppe en hausse de 70% sur un an. « Il porte bien son statut de ce cacao du nord ivoirien », même si l’anacarde est encore loin des montants perçu par les cacaoculteurs, ironise M. Ouattara.

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