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Paul Hartwell, DG de la BACB.

L’Afrique continue d’attirer les grands noms de la finance internationale.  La banque arabo-britannique BACB va ouvrir une agence à Abidjan, appelée à devenir son fer de lance pour l’Afrique francophone. Une grande cérémonie est prévue à cet effet le 8 novembre. Dans ce cadre, Paul Hartwell, directeur général  de la BACB,s’est entretenu avec Financial Afrik. 


Quels sont les facteurs qui vous ont amené à choisir Abidjan comme base pour vos activités en Afrique francophone?


 

A la BACB, nous croyons en Côte d’Ivoire, c’est pourquoi nous investissons du temps et des ressources et dans  la construction de relations à long terme. Avec un PIB en  impressionnante croissance  de 8,5% [la Banque mondiale], la Côte d’Ivoire est la porte d’entrée économique incontestée de l’Afrique francophone. Ce que le pays a construit en un peu plus de dix ans depuis la crise est une réussite économique et sociale massive. La Côte d’Ivoire est devenue le centre de gravité des affaires et des finances en Afrique de l’Ouest francophone. Compte tenu de sa trajectoire économique et de sa position stratégique, les flux commerciaux entre la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le reste du monde deviennent de plus en plus pertinents et significatifs. Naturellement, il y a beaucoup d’activités transfrontalières qui se déroulent dans la région et à travers le continent. Ce que nous apportons à la table est notre capacité à structurer des transactions commerciales transfrontalières. Nous avons une expérience de 45 ans à ce sujet.


L’Afrique, dit-on, est le continent de toutes les promesses. Pouvez-vous nous faire partager votre point de vue sur un continent doté d’énormes potentiels mais qui a encore tant de défis à relever…?


Les tendances démographiques et sociopolitiques de l’Afrique en font une destination irrésistible pour les entreprises mondiales qui recherchent des opportunités d’investissement intéressantes. Ces tendances démographiques comprennent une urbanisation croissante, une population relativement jeune, une classe grandissante de consommateurs, une stabilité politique accrue et un environnement réglementaire amélioré. Cela signifie qu’en dépit des défis économiques actuels, les opportunités d’investissement sont  abondantes. A la BACB, nous sommes en Afrique depuis longtemps et nous restons optimistes quant aux opportunités qui sont présentes, c’est pourquoi nous continuons à élargir notre présence et nos activités. Nous sommes engagés dans ce continent et voulons soutenir le développement économique de l’Afrique. Nous sommes motivés par l’établissement de partenariats bénéfiques avec nos clients locaux et avec la communauté dans son ensemble, pour résoudre les problèmes, pour faire croître l’économie et pour faire une différence positive sur les marchés dans lesquels nous opérons.


Qu’est-ce que BACB a à offrir et comment se compare-t-il aux autres acteurs du secteur?


 

En plus de notre vaste expérience en matière de financement de produits de base, de trésorerie et de solutions bancaires commerciales pour les marchés en développement, nous sommes aussi des experts en financement du commerce. Le financement du commerce est dans notre ADN, et nous avons passé 45 ans à bâtir notre expertise dans ce domaine. Deuxièmement, nous nous concentrons sur les marchés en développement et les marchés  émergents et nous nous sommes construits une niche pour nous-mêmes en étant un pont reliant ces marchés les uns aux autres et avec les marchés en développement en Europe occidentale. Dans une large mesure, les grandes banques fuient les marchés dans lesquels nous opérons. Cela nous donne l’occasion d’investir, de se spécialiser et d’offrir de la valeur.De plus, nous nous différencions des grandes banques parce que nous nous engageons pour le marché local et pour nos clients à être là pour le long terme. Beaucoup de grandes banques qui entrent finissent par retirer quand les choses tournent mal – nous ne faisons pas cela. Nous sommes à Tripoli depuis 2010, et à travers toute la tourmente, nous avons gardé les gens sur le terrain là-bas.

 


Quels sont les investissements que vous envisagez d’augmenter à court / moyen terme?


 Nous avons récemment terminé notre première opération importante en Côte d’Ivoire, en organisant une facilité de financement de pré-exportation de 18 mois pour la Société Ameret Frères (SAF) Cacao, le plus grand négociant et exportateur national de cacao dans le pays. Des fonds seront utilisés pour acheter du cacao auprès des producteurs et des coopératives locales pendant les récoltes 2015/16 et 2016/17. La facilité de financement avant-exportation de 25 millions d’euros montre notre engagement à exécuter des transactions qui auront un impact fort et positif sur l’économie ivoirienne et nous sommes impatients de faire des investissements et des transactions semblables dans un proche avenir.

 


Quels sont les secteurs prioritaires visés ?


 

Les produits de base sont notre principal objectif, comme le cacao, le caoutchouc, le coton …. Nous nous concentrons sur les transactions transfrontalières et fournissons en quelque sorte un soutien à l’importateur de l’autre côté. En dehors du financement du commerce transfrontalier, nous nous impliquerons également dans certaines activités de prêt telles que l’actualisation, la fourniture de services de trésorerie et de produits et prêts. Ce que nous ne ferons pas, ce sont les très grands projets d’infrastructure et d’énergie. Nous savons à quoi nous servons; Nous savons où se trouvent nos forces.


Quelles sont vos cibles? PME? Multinationales? Institutions publiques?


Principalement, nous ciblons les PME et les clients commerciaux dans les marchés en développement qui veulent commercer et investir à l’international. Les PME sont le moteur de croissance des économies émergentes, en particulier en Afrique. Mais beaucoup d’entrepreneurs luttent pour avoir accès au financement du commerce. C’est là que la BACB peut intervenir. Nous fournissons à nos clients des services de financement du commerce, de financement de marchandises et de solutions de prêt, agissant comme un pont entre les marchés locaux et les marchés internationaux basés à Londres.


Propos recueillis à Abidjan  par Jean Mermoz Konandi
(Traduits par Mariata Dieng, Nouakchott)

 

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