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Le président Kagamé discutant avec Carlos Lopes. C’était lors du sommet de l’Union Africaine de Kigali en juillet 2016.

Le président Paul Kagamé a confié à dix économistes le chantier de la réforme de l’Union Africaine.   Les dix personnalités constituant cette task force se distinguent par leur pragmatisme et leur engagement envers  l’intégration  et le développement du continent.  Ces experts se réuniront à Kigali pour la première fois le 31 octobre en présence du président Kagamé. 

Dans cette liste choisie en fonction de l’engagement africain, de l’intégrité et, aussi, des considérations géographiques et politiques, nous retrouvons l’économiste bissau guinéen  Carlos Lopes. Après 28 ans passés au service de l’ONU dont quatre  à Addis Abeba, en tant que secrétaire exécutif de la Commission économique africaine, Carlos Lopes accède à une war room dont le but est d’initier une réflexion stratégique sur la réforme de l’Union Africaine. L’économiste du développement portera le débat sur l’intégration, l’industrialisation et la transformation structurelle.

 

Donald Kaberula (à gauche) a vu l’adoption de la « Taxe Kaberuka » par les chefs d’Etat de l’Union Africaine en juillet 2016.

Autre économiste de renom coopté dans cette task force, Donald Kaberuka. Ancien président de la Banque Africaine de Développement (2005-2010), le rwandais a vu les chefs d’Etat africains adopter sa proposition d’appliquer une taxe de 0,2% sur les importations pour financer l’Union Africaine. Une telle formule adoptée à l’unanimité lors du sommet de juillet 2016 rapporterait 1,2 milliards de dollars par an et   donnerait à l’instance panafricaine son indépendance financière vis-à-vis des bailleurs.

 

Autre personnalité cooptée dans cette instance, Cristina Duarté, ancienne ministre du Cap-Vert. A 53 ans, celle qui a été de la dream team qui a sorti cette île de la pauvreté, envisage plus que jamais de mettre son expérience et son réseau au service du continent. Après une candidature brillante au poste de la présidence de la Banque Africaine de Développement, où elle a perdu de justesse lors d’un mémorable dernier tour contre l’actuel président de la BAD,  Akinwimi Adesina, Cristina Duarté aspire plus que jamais à servir le continent.

Cette liste comprend aussi Mariam Mahamat Nour, ministre de l’économie, du plan et de la coopération internationale au Tchad.  Ancien haut cadre de la FAO, cette dame de fer participe au renouveau économique du Tchad à travers l’élaboration de la vision économique « Tchad 2030 ».  La parité est bien respectée au sein de la task force qui comprend aussi Amina Mohamed, ministre nigériane de l’Environnement forte d’une expérience de 30 ans dans les politiques de développement. A l’international, cette femme de caractère était surtout connue comme madame « Agenda 2015 » quand elle était fonctionnaire de l’ONU et conseillère de Ban Ki-Moon sur les objectifs du millénaire.

 

Parmi les personnalités emblématiques de ce cercle de réflexion,  figure notamment l’ancien gouverneur de la banque centrale d’Afrique du Sud, Tito Mboweni. Premier noir à occuper une telle fonction, il est resté 10 ans en fonction (1999-2009) avant de prendre son bâton de maréchal, se muant en conseiller de Goldman Sachs International. Sa connaissance de la haute finance  et sa vision plutôt libérale de l’économie ne seront pas de trop .

le philantthrope et roi  zimbabwéen des télécoms, Strive Masiyiwa, fondateur du groupe Econet Wireless, apportera pour sa part un conseil avisé sur les grandes convergences entre les télécoms et la banque. L’homme qui a financé 100 000 bourses d’étudiants est engagé socialement dans beaucoup de pays d’Afrique australe.

Le camerounais Acha Leke (44 ans) , associé principal du cabinet mondial Mc Kinsey&Co, figure dans ce cercle restreint. Acha Leke a fondé notamment, avec un collègue ghanéen Fred Swaniker, l’African Leadership Academy, qui aide les jeunes africains à se préparer à intégrer de grandes universités internationales.

Une autre nationalité camerounaise figure dans cette task force. Il s’agit de Vera Songwe qui  dirige le bureau Afrique de l’Ouest et Afrique centrale de la Société financière internationale, après avoir dirigé le bureau de la banque mondiale. Réputée directe et sans concession, Vera Songwe apportera sa pleine expérience des fonctionnements des institutions de Bretton Woods à une équipe dédiée au  développement de l’Afrique.

 

 

 

 

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