Par Nephthali Messanh Ledy

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Difficultés opérationnelles, manque de liquidité, la crise financière qui secoue Postbank au Gabon depuis un an a atteint son paroxysme. Surtout que l’Etat hésite à débloquer les 61 milliards de F CFA pour le financement du plan de redressement à lui transmis par la banque.

En conférence de presse lundi 24 octobre, Alain Ndoutoume Ngomo, conseiller du directeur général et membre comité technique, chargé du suivi des activités de Postbank, a indiqué que la structure bancaire étatique traverse des difficultés financières et opérationnelles, présentant sa situation actuelle.

En effet, la filiale de La Poste SA n’est toujours pas en mesure d’honorer les demandes de retrait à ses guichets. Ceci, malgré les 7 milliards de FCFA débloqués par l’Etat fin 2015 pour éviter la menace de faillite. « (…) effectivement nous avons des problèmes de liquidités qui ne peuvent trouver leur solution que si l’Etat met à notre disposition toutes les ressources financières dont on a besoin », a-t-il indiqué.

Et de poursuivre : « tous les dépôts que les clients ont fait à Postbank au soir du 15 octobre 2015 n’étaient plus disponibles en terme de trésorerie. Il n’y a qu’un apport nouveau de trésorerie qui peut permettre à Postbank de servir sa clientèle ».

D’ailleurs, les fonctionnaires qui reçoivent leurs salaires via la Postbank n’ont pas obtenu gain de cause ce mardi devant les locaux de La Poste au centre ville. Après tractations entre le ministre Alain Claude Bilié By Nzé, porte-parole du gouvernement, et son collègue de l’Économie, Régis Immongault, les salaires des 19 000 fonctionnaires seront payés ce mois par Ecobank appelé à la rescousse.

Aussi les employés de la structure indiquent-ils ne pas avoir perçu le salaire de septembre 2016, démentant un communiqué de la direction diffusé la veille. La direction annonçait avoir versé avec retard les salaires du mois de septembre, et pris des dispositions pour débloquer ceux du mois en cours.

Coté opérationnel, la banque mise sous administration provisoire suite à une décision de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), opère sans un système informatique fiable lui permettant de répertorier ses activités dans toutes les 50 agences dont elle dispose.

Autant de problèmes qui ne trouveront de solutions que dans la mise en œuvre du plan de redressement proposé par les nouveaux dirigeants, et du calendrier de mobilisation de fonds transmis au gouvernement. Un besoin total évalué à 61 milliards de FCFA que l’Etat devra désormais satisfaire… ou non.

En rappel, Alain Claude Bilié By Nzé avait indiqué (fin juillet 2016) que le chef de l’État a donné des instructions aux ministres de l’Économie et du Budget de trouver dans de brefs délais, une issue à la crise afin que la banque tienne ses engagements qui sont non négligeables. On parle de 75 milliards aux épargnants, 9 milliards à La Poste française et 5 milliards à Western Union.

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