Par Ibrahima Dia Junior

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L’économiste sénégalais Moustapha kassé a fait savoir, lors d’une sortie dans une télévision privée, que le franc FCFA constitue un « énorme frein » au développement des Etats membres de l’UEMOA et de la CEMAC.

« Tous nos projets, programmes, si ingénieux et ambitieux soient-ils, dépendent principalement de l’extérieur», dira le Professeur agrégé en économie.

« On cherche l’argent à l’extérieur, mais on ne mobilise pas l’argent qui est disponible à l’intérieur », se désole l’économiste. Avant d’ajouter que la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) et la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), réunissent près de 13.000 milliards de FCFA d’avoirs logés au Trésor Français dans le fameux compte d’opérations.

« Des avoirs sur lesquels, une petite portion nous est affectée alors que nous avons des besoins en ressources qui sont énormes. Ça, c’est un aspect de la mauvaise politique de la zone Franc », commente-il sur le plateau de télévision.

Et M. Kassé de souligner que François Hollande, président de la République française, avait déclaré à l’assemblée nationale du Sénégal en marge du dernier sommet de la Francophonie qu’il était favorable à une évolution : « C’est vrai, il faudrait qu’on repense à ses avoirs là, voir comment on va en faire », avait dit Hollande. Le statu quo perdure depuis.

« En tout cas jusqu’ à présent ce n’est pas encore fait. On ne voit aucune étude pour dire qu’on va changer institutionnellement », se plaint le professeur.

Un autre aspect qui semble fondamental pour le Membre de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques du Maroc, c’est que les Etats membres de l’UEMOA et de la CEMAC n’ont pas de politique monétaire. C’est quoi une politique monétaire, s’interroge le professeur?

C’est juste, précise-t-il, de pouvoir manipuler les taux de change en fonction de nos intérêts nationaux. Cette marge de manœuvre permettra de mieux booster les exportations ou alors d’améliorer les capacités d’investissement.

L’universitaire de soutenir que les taux d’intérêts sont par moments exorbitants. Et que les Etats membres ont jusqu’à présent une petite marge de les modifier en fonction de leur propre politique monétaire.

« Nous n’avons pas de politique monétaire à cause de cet ancrage de la zone Franc. Probablement, il va falloir modifier institutionnellement le francs CFA, pour permettre en quelque sorte que la monnaie soit au service du développement de nos économies. Même si on peut maintenir encore quelques relations positives avec l’euro », conclut l’économiste.

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