Par Amadou Seck, envoyé spécial à Washington

decision-historique-de-la-banque-mondiale-en-faveur-des-droits-lgbt-1-1024x512

Réunis jeudi après midi à Washington en perspective des assemblées générales annuelles du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque Mondiale (BM), qui démarrent ce vendredi, les Pays de la francophonie à Faible et Moyen Revenu (PFR), invitent la BM à une révision de sa politique fiscale.

Suite à la cette rencontre des ministres des finances sous la coprésidence du Sénégal, du Cameroun et de Madagascar, les PFR ont exprimé le souhait «d’une politique plus cohérente » de l’institution « pour les aider à accroître leurs recettes fiscales ».

Commentant les résultats de la réunion francophone au cours d’une rencontre avec la presse, Mr Abdoul Aziz Tall, ministre chargé du suivi de la mise en œuvre du Plan Sénégal Emergeant (PSE), a expliqué que les mesures réclamées portent sur « l’élimination dans le rapport annuel DOING Business du sous critère qui accorde une note plus élevée aux taux d’imposition les plus faibles, incitant les gouvernements à réduire.
Et la renonciation à toutes les demandes d’exemption de taxes ou de congés fiscaux sur les projets hautement rentables financés par la Société Financière Internationale (SFI) ».

Par ailleurs, les PFR souhaitent que la Banque Mondiale (BM) « encourage les autres institutions de financement du développement à pousser le secteur privé à s’engager dans la même voie afin que les projets qu’ils financent payent une juste part d’impôts dans les pays à revenus faibles ».

Les ministres des finances des Pays à Faible Revenu (PFR) de la francophonie insistent sur le fait que « les recettes fiscales et les financements concessionnels innovants sont des composantes majeures de la mobilisation des ressources intérieures et que des mesures sont nécessaires pour éviter le recours à des sources onéreuses de financement conduisant à une nouvelle explosion de la dette ».

Ces mesures sont jugées « indispensables » dans un contexte marqué par la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) et de lutte contre le Changement climatiquement, induisant un changement d’échelle des financements, qui doit se traduire par une mobilisation plus conséquente des ressources internes.

Ainsi, « pour atteindre les ODD, même en tenant compte d’un large appel au financement du secteur privé, les PFR devront mobiliser annuellement 1500 milliards de dollars us supplémentaires par rapport aux montants qui étaient nécessaires à la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), et au moins 250 millions de dollars par an devront être affectés à l’adaptation et l’atténuation des changements climatique » estime ce groupe de pays francophone.

Ces états signalent avoir consenti d’énormes efforts dans la mobilisation des ressources propres en faveur de leur développement, qui ont atteint 80% de leur Produit Intérieur Brut (PIB) au cours des 15 dernières années, avec un accroissement notable des recettes fiscales à hauteur de 6% du Produit Intérieur Brut (PIB).

Ce contenu pourrait également vous intéresser