Par Mariata DIENG

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La croissance économique mondiale restera modérée cette année à la suite d’un ralentissement aux États-Unis et du vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, note le FMI dans son rapport d’octobre 2016 sur les Perspectives de l’économie mondiale qui est publié mardi le 4 octobre. L’institution prévoit un léger rebond en 2017 et au-delà, principalement grâce aux pays émergents.

«Dans l’ensemble, l’économie mondiale stagne », a déclaré l’économiste principal et conseiller économique du FMI, Maurice Obstfeld. « Nous avons révisé légèrement à la baisse nos prévisions de croissance pour les pays avancés en 2016, tout en révisant à la hausse les prévisions pour le reste du monde », a-t-il noté.

Le FMI table sur une  croissance mondiale de  3,1 % en 2016 avant de remonter à 3,4 % en 2017. La prévision, révisée à la baisse de 0,1 point pour 2016 et 2017 par rapport à avril dernier, s’explique par une dégradation des perspectives pour les pays avancés à la suite du vote du Royaume-Uni,  en juin dernier, en faveur de la sortie de l’Union européenne (Brexit) et par une croissance plus faible que prévu aux États-Unis. Ces développements ont encore fait baisser les taux d’intérêt mondiaux, et il est maintenant prévu que la politique monétaire restera  accommodante pendant une plus longue période.

Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance devrait s’affermir légèrement en 2016, à 4,2 %, après cinq années consécutives de ralentissement, et ainsi représenter plus de trois quarts de la croissance mondiale prévue cette année.

Le PIB chinois qui avait progressé de 6,9% en 2015, devrait croître de 6,6% cette année et de 6,2% en 2017. L’Inde continue de caracoler en tête de tous les «grands pays» (terme du FMI) avec un taux de croissance de 7,6% pour les trois années sous revue.

Le tableau reste fort contrasté sur les autres continents. La Russie sort péniblement de la récession (1,1% de croissance 2017), tout comme le Brésil (0,5%). Mais le Nigeria voit son économie se contracter de 1,7% cette année, l’Afrique du Sud stagner (+0,1%), et le Venezuela s’enfonce dans la dépression, son PIB aura plongé de 10% en 2016.

Les plus grandes économies d’Afrique subsaharienne (Afrique du Sud, Angola et Nigéria) connaissent un ralentissement prononcé ou une récession du fait de l’interaction entre la baisse des prix des produits de base et des conditions politiques et économiques difficiles sur le plan interne.

Les pays pétroliers continuent de souffrir (1,1% de croissance à peine en Arabie Saoudite), même si la stabilisation des prix du pétrole laisse entrevoir des jours un peu meilleurs. De même le paysage est disparate dans l’Afrique saharienne pénalisée par la chute des matières premières. Quelques pays s’en tirent toutefois plutôt bien, l’Éthiopie, le Kenya et le Sénégal parvenant à croître de plus de 5% l’an.

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