L’Office national des télécommunications (ONATEL) est paralysé par un mouvement de grève déclenché le 20 septembre 2016 à l’appel du Syndicat national des télécommunications. Les grévistes qui réclament une rencontre avec le directeur général, Sidi Mohamed Naimi, ont été reçus à la Primature le 29 septembre. Au delà de leur plateforme revendicative portant sur l’augmentation de salaires (un cabinet mandaté à cet effet présente des conclusions pour le moment confidentielles ), les travailleurs exigent du gouvernement de faire le bilan de dix ans de privatisations de la filiale de Maroc Télécom. Il semble que c’est le remplacement du chef service de recouvrement, de nationalité Burkinabée, par un marocain, qui ait mis le feu aux poudres. Les syndicalistes protestent contre ce qu’ils appellent une marocanisation rampante et invitent le gouvernement à venir fouiner dans les comptes de la société. entre 2007 et 2011, l’ONATEL devrait recruter 234 personnes soit en moyenne 47 personnes par an », estime Soulemane So, chef de file des grévistes. Dans les faits, poursuit-il, l’opérateur n’aurait recruté que 80 personnes en dix ans soit un rythme de 8 emplois par moyenne. Un point de vue que conteste la direction générale, « inscrite dans un dialogue permanent avec les syndicats depuis la privatisation » et qui a augmenté les salaires moyens des agents actifs « d’au moins 60% depuis 2011 ». En poste depuis avril 2013, Sidi Mohamed Naimi est confronté à la plus grande crise sociale de l’histoire de l’Onatel post-privatisation. En exigeant une levée de grève avant toute rencontre, ce haut cadre est-il entrain de manger son pain blanc ?

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