Par Nephthali Messanh Ledy

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Les établissements bancaires et de microfinance opérant au Togo sont victimes d’une dégradation du portefeuille de crédit. C’est ce que l’on retient des dernières rencontres entre  les professionnels des secteurs et les responsables locaux de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest (BCEAO).

En effet, même si le secteur de la microfinance connait une hausse du volume des activités, avec une adhésion supplémentaire de plus de 88.000 membres au 2e trimestre 2016 (+4,8 % par rapport à 2015), les difficultés de recouvrement des créances ne sont pas négligeables. Elles se traduisent par une nouvelle dégradation du portefeuille, qui passe de 8,1 % au 31 mars à 8,3 % au 30 juin 2016, pour une norme de 3 %.

Cette situation, selon les professionnels, « constitue une préoccupation importante pour les autorités en charge de la régulation du secteur ». Du coté des banques, le problème se pose avec plus d’acuité. Le montant des créances déclassées ayant augmenté de 70 milliards de F CFA au 2e trimestre 2016, avec un taux établi à 20 % contre 16 % un an  plus tôt, et des prévisions supplémentaires estimées à 65 milliards. Conséquence, baisse de la rentabilité du secteur, avec un résultat net de 4 milliards de F CFA au 30 juin 2016, contre 7 milliards un an plus tôt.

Par ailleurs, selon les chiffres communiqués par l’Association professionnelle des banques et établissement financiers (APBEF) au dernier symposium destiné à résoudre la problématique du financement bancaire des entreprises du secteur privé, les crédits bancaires ont progressé de 17% par an de 2011 à 2015. Somme toute, un sévère revers qui entraine la réduction de la capacité de financement de l’économie et la détérioration de la capitalisation des établissements de crédit.

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