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Moulay Hafid Elalamy, Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Saloua Karkri Belkziz, présidente de l’APEBI et Zahra Maafiri, Directrice de Maroc Export, lors de l’ouverture du salon.

En marge de la  1ère édition du salon AITEX AFRICA IT EXPO qui se tient du 21 au 24 septembre 2016 à Casablanca, Financial Afrik s’est entretenu avec Salwa Belkziz, présidente de l’APEBI, la  Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring.  La cérémonie inaugurale a été présidée par Moulay Hafid Elalamy, Ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Économie numérique, de  Koné Lacina conseiller spécial du président de la République ivoirienne, Alassane Ouattara,  André APETE, Directeur de cabinet du Ministre de l’Economie Numérique et de la Poste et en présence de nombreuses autres personnalités, donneurs d’ordre et opérateurs nationaux et internationaux.  Pour Salwa Belkziz, les orientations stratégiques du Maroc dans le domaine du numérique ont permis d’élargir le champ de création d’emplois.


Pouvez-vous revenir sur les grands axes du plan Maroc digital 2020?


 

Le plan Maroc digital 2020 est une nouvelle orientation stratégique qui a pour but de redynamiser notre filière numérique, d’améliorer le positionnement de notre pays dans le network readiness index (composite de 11 indicateurs talents, infrastructures, accès, utilisation…).

Le plan Maroc digital 2020 découle de l’analyse d’étape par rapport aux plans précédents lesquels ont fait montre, il faut le dire, de quelques insuffisances.

La nouvelle stratégie matérialisée par Maroc digital 2020 dégage six  axes visant à combler nos retards :

 

  • Ancrage de façon irréversible dans la révolution digitale, principal moteur des pays en forte émergence – C’est une politique globale à mener à très haut niveau et dans tous les secteurs avec pour objectif de palier à l’insuffisance des ressources humaines , à améliorer les infrastructures télécoms et à encourager la réforme de l’Administration et des entreprises.

 

  • Outil de transformation économique et social comprenant la réforme de l’Administration afin qu’elle numérise ses relations avec les citoyens, avec les entreprises et sa gestion et ses procédures internes. La réforme de l’Administration sera probablement le catalyseur de la réduction de la fracture numérique et de la modernisation et la compétitivité des entreprises

 

  • Logique de focalisation très forte en ciblant des projets dans l’ensemble des départements ministériels à impact transformationnel réel.

 

  • Positionnement de hub régional du Maroc vers l’Afrique,

 

  • Développement du tissu d’acteurs par renforcement de la place numérique en favorisant l’émergence de locomotives sectorielles et le dynamisme des start-up.

 

  • Et enfin création d’une agence  dédiée au développement des services publics numériques.

 

Cette vision permettra ainsi de renforcer les atouts digitaux du Maroc, et ce à travers plusieurs piliers, à savoir la dématérialisation, la transparence de l’information, la recherche et la transformation numérique de la PME-PMI qui au lieu d’investir dans le matériel informatique optera, éventuellement, pour des solutions cloud beaucoup plus viables.

 

L’APEBI a été et est un partenaire actif du ministère de tutelle en ce qui concerne l’élaboration de cette nouvelle stratégie.  Notre fédération  réitère son engagement ainsi que sa disponibilité totale  dans la mise en œuvre de cette nouvelle stratégie.

 


Digitalisation rime avec dématérialisation des procédures et par conséquent suppression d’emplois, donc quels sont les mesures prises à cet effet? 

 


Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous. Prenons la question sous l’angle inverse et posons-nous la question de combien d’emplois ont été créés ces dernières années dans le secteur et ce grâce aux différentes filières développées.  L’orientation vers le digital a permis d’élargir le champ de création d’emplois dans le secteur notamment grâce à de nouvelles compétences importées et/ou développées.

 


Quel sera la place de la formation dans le programme ?


La formation occupe une place centrale dans la nouvelle stratégie. Elle a permis ces vingt dernières années d’accélérer le développement et la croissance du secteur. La nouvelle stratégie prendra en compte ce volet et s’ouvrira à des synergies et partenariats avec des organismes de formations nationaux et internationaux.

 


Comment le Maroc compte- t-il concrètement réduire sa fracture numérique? 



Le Maroc est un pays de défi qui a démontré ces vingt dernières années ses capacités à se transcender. Sous la vision éclairée de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI  et avec une forte volonté politique, nous sommes sûr de pouvoir accomplir pas géant d’ici 2020. Cela passera sans aucun doute par une bonne stratégie, une forte volonté, et ses synergies public-privé et privé-privé entre nationaux mais aussi entre avec l’international.

 


On sait aussi que vous êtes aussi la présidente fondatrice de l’association des femmes entrepreneures du Maroc et présidente de l’APEBI, quelles seront les synergies entre les trois institutions? 



Le Maroc se construit au pluriel. L’APEBI – tout comme l’Afem – œuvre de concert avec les différents acteurs et parties prenantes socio-économiques du Royaume.  Des synergies et croisement sont nécessaires.


Que pouvez-vous nous dire sur le salon AITEX Africa qui se tient  du 21au24 septembre prochain?


C’est d’abord une première au Maroc que le secteur des technologies de l’information et de la communication se dote  d’un salon qui de plus, est une plateforme d’excellence au regard de la qualité des nombreux acteurs, entreprises  et institutions qui ont manifesté un grand engouement et répondront présents ; A commencer par le gage de confiance que nous témoignent les plus hautes instances du Royaume en nous donnant le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi.

 

Le salon AITEX a aussi la articulation d’être lancé à une période de  contexte exceptionnel. Je fais allusion d’une part à la dynamique d’émergence dans laquelle le Maroc et un certain nombre de pays africains se sont engagés depuis quelques années, et d’autre part à la nécessité de nos pays d’engager sinon de parachever le virage numérique.

 

Avec 150 exposants, principalement des entreprises référencées dans le domaine, 200 donneurs d’ordre, mais aussi des experts et des utilisateurs en provenance de 3 continents, le salon a toutes les prédispositions pour s’imposer comme la 1ère plateforme de l’innovation et de la transformation digitale en Afrique.

 


Propos recueillis par Rita  Kray