La présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon, Marie-Madeleine Mborantsuo, 61 ans, doit rendre son verdict au plus tard ce vendredi 23 septembre. Le Gabon entier est suspendu à l’examen du  recours introduit par le candidat de l’opposition, Jean Ping, sur les résultats des présidentielles du 27 août.

En poste depuis 18 ans, la dame de fer est assisté par huit juges, la mission express  que voulait dépêcher  par l’Union Africaine s’étant vu refusée ce qui s’apparenterait à une ingérence dans les affaires intérieures du Gabon.

Docteur en droit formée à la Sorbonne, Madeleine Mborantsuo, est proche des deux camps mais doit en particulier faire face aux réserves de l’opposition qui exigeait un décompte des voix sous la supervision de la communauté internationale. Selon certains juristes, la Cour constitutionnelle gabonaise restera, de par sa nature,  sur la forme en se bornant à examiner la régularité des procès verbaux.  Selon l’entretien de celle qui est surnommée “La Tour de Pise” dans la presse, elle pousserait l’examen de la Cour au delà de la seule province du Haut Ogooé, objet des recours du camp Ping, pour examiner les procès verbaux de l’Estuaire et du Woleu-Ntem. Mais, c’est connu, les aspects externes au jugement attendu, sont aussi examinés à la loupe.  Commandeur de la légion d’honneur française, madame la juge, par ailleurs ancienne stagiaire à la Cour des Comptes à Paris,  semble échapper aux appels de pieds des réseaux de la françafrique qui roulent pour Jean Ping. La proximité de Madeleine Mborantsuo avec le président Ali Bongo reste aussi objet de spéculations dans la rue gabonaise.  L’opposition n’a pas encore avalé l’annulation des 11 recours introduits lors des élections de 2009. Réputée stricte et orthodoxe, Mme Mborantsuo préside une cour supposée divisée puisque 3 des juges avaient été nommés par  l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, qui a rangé sa candidature dans les placards pour rejoindre  le camp Ping avec armes et bagages.  Faisant partie des trois juges nommés par le président Ali Bongo, les trois autres l’étant par le président du sénat, la diplômée de Droit d’Aix en Provence aura fort à faire avec la défiance de l’opposition.

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