A plus de 1000 jours passés dans les lambris dorés du Palais Koulouba, le président Ibrahima Boubacar Keita se prévaut d’un bilan que le commun des maliens pourrait le lui disputer. 

Dans un entretien fleuve avec la télévision nationale (ORTM) et le journal Les Echos, l’ancien premier ministre d’Alpha Omar Konaré n’en démord pas au sujet de son état de santé, de Kidal et des accords d’Alger. Sur chacun de ces sujets délicats, Ibrahima Boubacar Keita affiche une imperturbable satisfaction: « Je me sens aussi bien que peut l’être un homme de mon âge. Je sais, je vais nettement mieux que beaucoup d’hommes de mon âge », ironise celui qui a rendu public son bulletin de santé afin de couper court aux rumeurs. Concernant Kidal, qui échappe au gouvernement central depuis une mémorable visite, en mai 2014, du premier ministre Moussa Mara (limogé depuis) , le locataire de Koulouba use d’une ritournelle bien sahélienne pour noyer le poisson : « Je crois qu’aujourd’hui que Kidal connaît des problèmes d’autres types qui nous interpellent également parce que chaque fois que dans ce pays, il y a incompréhension, division fraternelle, il y a turbulence qui peut dégénérer sur l’ensemble du territoire national, nous sommes préoccupés ». Ne lui parlez surtout pas du déplacement des conflits de type armé vers le centre malien: « cela me coupe le sommeil », concède-t-il, sans avancer de solutions. Avare en initiatives, IBK retrouve toute sa verve pour tacler ses prédécesseurs, à ses yeux responsables de la délicate situation des FAMA (Forces armées maliennes), peuplée de fantômes (emplois fictifs) et souvent en déroute face aux groupes djihadistes: « quand, pendant des années, des hommes n’ont pas suivi les entrainements ; des hommes n’ont pas été entrainés à souhait ; des hommes n’ont pas surtout reçu les équipements nécessaires, même lorsqu’ils furent formés, cela laisse des traces. Et nous n’avons pas fini d’en payer le prix », avertit-il. Bon point cependant, IBK a réussi à convaincre le conseil de sécurité de l’ONU de réviser le mandat et le cadre d’intervention de la MINUSMA, contingent onusien impopulaire auprès des populations maliennes. 

Côté économie, le président IBK évoque son projet de 1000 tracteurs, l’objectif d’une plus grande transformation du coton (seuls 2% de la production passaient par la filature locale) grâce à la coopération chinoise. Dans son bilan aussi, les 100 000 doses d’insémination artificielle, don du roi Mohammed VI du Maroc. Interrogé sur la spéculation foncière, le premier magistrat malien se confond en voeux pieux: « je crois qu’il est temps qu’on ait un cadastre digne de ce nom. Il est temps également que les règles de gestion foncière ; que le respect du code foncier soient revus et corrigés. Qu’une discipline rigoureuse soit désormais de mise dans la gestion foncière au Mali. On ne pourra pas aller loin sans cela. ». Sauf que le President IBK n’annonce aucune démarche concrète pour stopper la spéculation.
Koulibaly B.

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