« La société civile représente une valeur ajoutée pour la Banque africaine de développement »

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La Banque africaine de développement (BAD) compte beaucoup sur la société civile du continent pour une meilleure mise en œuvre de ses programmes et projets pour les dix prochaines années. Éclairer l’Afrique, la nourrir et fournir des emplois décents à sa jeunesse, constituent la lame de fond de cette collaboration selon Zenab Touré, Chargée principale de l’engagement de la BAD avec la société civile, qui s’explique en exclusivité dans Financial Afrik.

                             


Dakar a récemment abrité une concertation régionale avec la société civile sur les cinq priorités de la banque panafricaine. Quelles sont les raisons d’une telle rencontre ?


La rencontre de Dakar regroupait la société civile des pays de l’Afrique de l’ouest. Elle s’inscrivait dans le cadre global des rencontres sous-régionales de concertation avec la société civile que nous organisons sur le continent pour discuter avec elle. Il s’agit de voir comment l’intégrer dans l’agenda global de la banque africaine de développement, relativement à la transformation de l’Afrique. Nous voulons discuter avec elle pour voir les modalités de coopération afin de délivrer le Top 5 à savoir les cinq priorités de la banque. La BAD est la banque du continent  et les africains doivent faire preuve d’une meilleure appropriation. La société civile s’est réellement engagée à nous accompagner dans la mise en œuvre de nos programmes et projets


Quelles sont ces cinq priorités ?


Il s’agit de nouvelles priorités qui viennent compléter notre vision et mettre un focus sur notre stratégie décennale. Le Top 5 se décline ainsi : éclairer l’Afrique, nourrir l’Afrique, intégrer l’Afrique, industrialiser l’Afrique et améliorer la qualité de vie des Africains. Voilà un ambitieux programme que la banque entend dérouler au cours des dix prochaines années. Nous voulons nous focaliser davantage sur ces cinq priorités.


Quels sont la avantages comparatifs de la société civile africaine ?


La société civile africaine détient plusieurs avantages comparatifs en termes de proximité avec les populations et surtout de connaissance du terrain et des bénéficiaires de nos projets et programmes dans nos divers pays d’intervention. Cette société civile, dispose aussi d’une expertise avérée sur des questions pointues, comme les énergies propres et renouvelables. Elles sont à l’avant-garde du plaidoyer sur ces questions là.

Les interventions de la société civile constituent aussi une valeur ajoutée car elle joue à merveille le rôle de veille et d’alerte qui fait d’elle une bonne sentinelle des questions de développement sur lesquelles nous travaillons sur le terrain. Elle joue aussi le rôle de suivi. On reproche souvent à la BADde ne pas assez communiquer sur ses interventions. Et puis dans ce domaine, les organisations de la société civile représentent des relais d’information pour nous qui sommes la première institution africaine de financement. Nous nous sommes rendu compte que nous devons mieux communiquer et la société civile africaine nous y aide à merveille.


En ce qui concerne l’Afrique de l’ouest, quelle est la priorité des priorités au sein même du Top 5 ?


Les cinq priorités sont déjà un programme qui nous prend assez de temps et d’énergie. Nous ne nous permettons donc pas de classer les priorités car elles sont toutes importantes. Alors au niveau de l’engagement avec la société civile, nous avons mis l’accent sur  trois des cinq priorités à savoir : Éclairer l’Afrique, nourrir l’Afrique mais aussi l’emploi des jeunes. Il s’agit d’une des composantes de l’amélioration de la qualité de vie des populations africaines.

Nous avons pensé qu’il est urgent d’appuyer sur le levier de l’emploi des jeunes ; ce qui nous permettra de constater des effets démultiplicateurs  en termes d’amélioration de la qualité de vie. En Afrique, les jeunes constituent la majorité de la population, une bombe à retardement. C’est pourquoi nous avons de concert avec la société civile partenaire de la banque, mis l’accent sur ce levier.

 


La BAD dispose d’une liste, une réserve indicative de projets par pays. Peux t-on savoir la part dévolue à l’Afrique de l’ouest ?


Nous nous projetons dans le refinancement du fonds africain de développement (Fad) et les pays travaillent à faire des propositions en termes de projets. En Afrique de l’ouest, hormis le Nigeria, les 14 pays de l’espace CEDEAO  disposent d’un paquet de projets en cours. En fait,  il s’agit de réserves de projets liés aux cinq domaines prioritaires de la banque. Nous espérons que cette panoplie de projets pourra trouver un financement d’ici les prochaines années. Il s’agit de réserves, de potentialités qui existent. Il y’a notamment des projets portant sur l’énergie, avec des possibilités de renforcer l’interconnexion entre pays africains. Il y’a aussi beaucoup de projets sur l’emploi des jeunes.


Le Président de la BAD, Dr Akinwumi Adesina, insiste beaucoup sur le projet Éclairer l’Afrique. A votre avis sur quels leviers faut-il agir pour une exécution rapide et efficace de ce fameux projet ?


C’est une question délicate qui relève de la compétence de mes collègues qui s’occupent des questions énergétiques. Mais sur la base de mes propres connaissances, il faut dire que le New deal pour l’Afrique  dans le domaine de l’énergie, va apporter une meilleure coordination des initiatives. On a identifié plusieurs initiatives mondiales sur l’énergie notamment celle du Président Obama, celle de l’ancien ministre français, Jean Louis Borloo et plusieurs autres de ce genre qu’il faudra fédérer pour une meilleure lisibilité. L’Afrique est devenue un énorme enjeu sur les questions d’énergie.

Propos recueillis par Albert SAVANA

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