Moins de 6000 voix séparent Ali Bongo de son grand rival .

L’attente fut longue à Libreville. La fumée blanche est sortie des urnes en milieu de soirée de ce mercredi 31 août. Plus de 24 heures de tractations  auront eu raison de la CENAP, la commission électorale, qui a validé la réélection du président sortant amputéé, il faut le préciser, d’un des représentants de l’opposition, démissionnaire.

Ali Bongo brigue un deuxième mandat de 7 ans au forceps, devançant Jean Ping, adversaire qui y aura cru jusqu’au bout. Moins de 6000 voix séparent les deux candidats. Dans les rues de Libreville, La frustration des partisans de Jean Ping rencontre les lacrymogènes…Les spéculations vont bon train.

Le Haut Ogouee, région natale de Bongo, a joué le rôle d’arbitre. Dernière à faire parvenir ses résultats, cette province a voté Bongo à plus 95%. Un ras de marée qui a englouti l’écart de 60 000 voix qui le séparait de son grand rival et permis au locataire du Palais de bord de mer de renouveler son septennat. A l’arrivée, Ali Bongo récolte 49,8% contre 48,23% pour son adversaire.
Ce scrutin, le plus serré de l’histoire de l’Afrique centrale, marque la naissance d’un nouveau Gabon. La victoire d’un peuple qui saura certainement puiser dans son âme profonde pour recoller les morceaux d’une unité nationale ébranlée par une campagne dure, âpre et sans concession. Il faut le dire, les mots ont volé parfois très bas.
Les réseaux sociaux, ces oracles des temps modernes, ont amplifié les infos et les rumeurs. Comme cette brouille diplomatique avec la Côte d’Ivoire du fait d’un conseiller de Ouattara qui aurait, dit-on, essayé de faire démissionner des membres de la Commission électorale (CENAP) au profit du candidat Jean Ping.

Cette mise en cause de l’opposition a fait gazouiller la twittosphere. Dans un de point de presse improvisé à la hâte, dans la nuit du  mardi 30 août,  le porte parole du gouvernement, Alain Claude Bilie By Nze, a fait allusion à une vaste campagne internationale, citant des noms dont celui de Me William Bourdon.

Maintenant qu’il est élu, Ali Bongo doit, en plus de ce nouveau bail, apprécier à sa juste mesure les immenses attentes du peuple gabonais et de sa jeunesse. Une bonne partie de ce peuple a voté contre lui et pour le changement et aspire donc, maintenant plus que jamais, à du concret. Le choix légitime de l’émergence, adopté depuis 2009, doit être suivi d’actes forts et de résultats appréciables sur le terrain.

Adama Wade

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