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Les actions des banques kenyanes ont chuté jeudi, après que le président Uhuru Kenyatta ait ratifié la veille, une loi qui plafonne les taux d’intérêt prêteurs et qui fixe une rémunération minimale des dépôts.

A la clôture de la bourse de Nairobi hier, la titre KCB Group a perdu de 8,4%. Le titre de la Diamond Trust Bank Kenya a chuté de 10,7%, soit son plus bas niveau depuis mai 2004, celui d’Equity Bank a perdu 9%, tandis que Standard Chartered Bank baissait de 1,5%, rapporte Bloomberg.

La nouvelle loi fixe le taux prêteur des banques à niveau maximal de 400 points de base au-dessus du taux directeur de la banque centrale et la rémunération des dépôts à un minimum de 70% de ce dernier taux.

Dans un communiqué, le président kenyan Uhuru Kenyatta justifie ce choix par la frustration de ses compatriotes « sur le coût du crédit et les taux d’intérêt applicables sur leurs dépôts durement gagnés ». « Je partage ces préoccupations », a-t-il poursuivi.

Selon les statistiques de la Banque centrale kenyane, le taux d’intérêt prêteur pondéré moyen au mois de juin était de 18% contre 15,7% un an plutôt, des niveaux jugés trop élevés. Cela, alors que la Banque centrale avait réduit de 1 point de base son taux directeur à 10,5% cette année et abaissé de 97 points de base ses taux de référence.

« La nouvelle loi entraînera une baisse des marges nettes d’intérêt d’au moins 200 points de base, ce qui va amener les banques réagir et donc facturer d’autres frais pour tenter de compenser les pertes. (…) Nous nous attendons à une baisse des bénéfices des banques à moyen terme, ce qui pourrait encore freiner la confiance envers les banques cotées sur le Nairobi Securities Exchange », a confié Alistair Gould, directeur général du groupe financier African Alliance à Nairobi, cité par le journal sud-africain Business Day Live.

La décision de Kenyatta intervient un an avant la présidentielle et, certains critiques y voient déjà une arrière-pensée électoraliste.