Grosse pointure du 27ème sommet de la Ligue Arabe ouvert lundi 25 juillet à Nouakchott, l’émir du Qatar, Cheikh Temim Ben Hamed Al Thani, s’est éclipsé après seulement deux heures d’horloge. La rencontre de Nouakchott aura quand même eu le mérite de révéler au monde entier le spectacle d’un monde arabe agonisant qui se préoccupe désormais plus de l’Iran que d’Israël. 
  Au final , seuls 6 chefs d’Etat sur les 22 que compte cette vieille organisation née au milieu des années 40 se sont déplacés dans la capitale mauritanienne en quasi-état d’urgence depuis quelques semaines. La diplomatie mauritanienne n’aura pas fait des miracles. 
Outre l’émir du Qatar, il y avait aussi celui du Koweït, Cheikh Sabah Al Hamed Al Jaber Sabah, ainsi que les présidents du Yémen, Abed Rabou Hadi Mansour, du Soudan, Oumar El Béchir (qui s’en est pris lourdement à la CPI, affirmant détenir les preuves de corruption de cette instance judiciaire internationale) , des Comores, Azali Assoumani et de Djibouti, Ismael  Oumar Guelley. 
Les absents ont été nettement plus nombreux à l’instar du Roi Salman d’Arabie Saoudite, qui a prétexté des “raisons de santé “. Le chef de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, affidé des sommets arabes, s’est fait représenté par son ministre des affaires étrangères dont l’appel à porter plainte contre la Grande Bretgne, coupable de la déclaration de Balfour de 1917, n’a rencontré que des regards gênés dans la grande tente caidale qui a abrité ce sommet.  
 Les têtes couronnées des Emirats Arabes Unis ont réduit leur niveau de représentation à sa plus simple expression. Imitant en cela le Maroc qui a dépêché son ministre des Affaires Étrangères, Salaheddine Mezouar, à la tête d’une délégation sommaire qui aura souffert le spectacle d’une carte du royaume chérifien amputée de son Sahara. Erreur de protocole ? 
Longtemps annoncé, le maréchal égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, président sortant, qui prévoyait de se déplacer au milieu d’une myriade de sa garde prétorienne, s’est désisté à la dernière minute pour un impératif d’agenda intérieur chargé, grossissant ainsi le rang de ceux qui ne participent pas à ce sommet en format réduit. L’Union Africaine s’est fait représenter par son président en exercice, Idriss Deby Itno, qui a suivi les pourparlers avec beaucoup d’intérêt. 
Focalisé sur la mise en place d’une force anti-terroriste commune aux contours encore flous, le sommet a été écourté et réduit en une journée de discours. Les divisions politiques et confrériques ont poussé le secrétaire général de la Ligue arabe,  Ahmed Aboul Gheit, à appeler les pays membres à “mettre fin aux désaccords”. 

Pour sa part, Isselkou Ould Ahmed Izidbih, ministre mauritanien des Affaires étrangères, a invité ses homologues arabes à s’ouvrir aux pays africains “avec lesquels, dira-t-il, nous partageons les mêmes aspirations à édifier un partenariat stratégique apte à relever les défis ».
A noter que l’opinion publique mauritanienne attendait de pied ferme, le ministre libanais de la Santé, Waël Abou Faour , coupable d’avoir déclaré à la veille du sommet que les infrastructures sanitaires de Nouakchott n’étaient pas suffisantes pour abriter un tel événement. 

Au final, la volonté politique du président Mohamed Abdel Aziz d’organiser le sommet de la Ligue Arabe en un temps record (5 mois) l’a emporté sur la modestie des infrastructures d’accueil de Nouakchott mais n’a pas réussi à surmonter le climat délétère qui règne entre les différentes capitales du Machrek et du Maghreb. 
Ahmed Hassan, Nouakchott