La proposition de l’ancien prèsident de La BAD, Donald Kaberuka, de consacrer une taxe de 0,2% sur les importations a été adoptée ce dimanche par les chefs d’Etat réunis au sommet de Kigali. Le dispositif qui a d’abord emporté l’adhésion des ministres des Affaires étrangères réunis le 27 juin et des experts présents au sommet de Kigali, permettrait de lever 1,2 milliard de dollars dès 2017. Il reste à l’affiner pour exclure « les biens de première nécessité du champ de la taxation », a indiqué un membre d’une délégation maghrébine.  
Pour Désiré Assogbavi, le représentant d’Oxfam auprès de l’UA, « Il faut absolument que cette taxe soit prélevée à la source, directement par ou pour l’Union africaine, sinon elle ne sera jamais appliquée », prévient-il. La mise en oeuvre rapide de cette initiative permettrait de lui éviter le sort qu’à connu la proposition d’Olusegun Obasanjo de taxer les billets d’avion et les SMS. L’idée fut adoptée et enterrée sans faute de programme de mise en oeuvre.
Lors de la retraite sur le financement tenue samedi, la plupart des chefs d’Etat ont souhaité une UA plus indépendante:  » il est inacceptable que nos financements proviennent de l’extérieur », a ainsi déclaré le nigérien Mohamadou Issoufou. Rappelons que plus de 70% du budget de l’organisation panafricaine est financé par les partenaires extérieurs. Et pourtant, l’Afrique n’est pas pauvre,disposant de 500 milliards de dollars de recettes fiscales.
Pour rappel, le budget 2016-2017 de l’Union Africaine s’élève à 781 millions de dollars, hors opérations de maintien de la paix. Les Etats membres ne financent que 212 millions de ce montant contre 569 millions de dollars par les donateurs étrangers (Union européenne, Etats-Unis, Chine, Banque mondiale), soit près de 73% du budget. Les 15% sont le fait des pays comme l’Egypte, l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Nigeria. Face aux arriérés de cotisations, un tel système de taxation viendra renforcer le financement d’une organisation décriée aussi par ses charges. 

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