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«EASY TV, une offre de télévision accessible et de qualité»
Le bouquet Easy TV proposé par Canal + et Antenne A a été lancé le 6 juillet à Lubumbashi. En marge de cet événement, David Mignot, Directeur général Afrique de Canal+ Groupe s’est entretenu avec Financial Afrik.

Propos recueillis par Amédée MK.


Quels sont les avantages de la télévision numérique pour les téléspectateurs ?

C’est finalement assez simple, le passage de la diffusion analogique vers la télévision numérique terrestre (TNT), engagée depuis 2015 en Afrique, assure aux téléspectateurs une meilleure qualité du son et de l’image ainsi qu’une plus grande diversité de l’offre télévisuelle pour une simple et bonne raison : sur une seule fréquence numérique, un opérateur peut diffuser 15 chaînes. Il convient d’ajouter que le dispositif technique n’est en rien contraignant pour les foyers puisqu’il suffit d’avoir un décodeur relié à l’antenne râteau, qui est alimentée par un émetteur. Au final, le modèle économique global est avantageux puisqu’un seul émetteur couvre une large population. Le coût de diffusion par téléspectateur est donc plus faible que l’analogique. Si nous voulons couvrir les classes populaires émergentes, la TNT est donc un bon modèle.


Mais est-il durable ou de transition avec le déploiement à terme du haut débit ?

Ce mode de diffusion va progressivement en effet être concurrencé par les télécoms (fibre, ADSL…). Dans une dizaine d’années, la plupart des téléspectateurs recevront la télévision par des moyens télécoms avec la fibre optique, l’ADSL et la généralisation de la 3G, la 4G et même dans un avenir proche la 5G. Il faut donc être prudent sur la durée d’amortissement des investissements. Tout cela pour dire que les gouvernements n’ont pas intérêt à engager des plans d’investissement aux montants faramineux pour passer à la TNT. L’offre EASY TV de CANAL + entre dans ce schéma et ce modèle économique.

 

Quel est le modèle économique dominant en Afrique pour ce passage au numérique ?

Il convient d’opter pour un modèle simple. Les gouvernements se sont accordés sur la norme DVDT2 et progressivement toutes les télévisions vendues seront à cette norme. C’est déjà une bonne chose. Ensuite, par le jeu de la concurrence, les opérateurs auront tout intérêt à reprendre les nouvelles chaînes qui vont être lancées sur la TNT. Il ne reste alors plus qu’à financer l’installation des émetteurs et la numérisation des plates-formes de diffusion des télévisions nationales. C’est à la portée du marché en mettant, notamment à contribution les opérateurs TV et télécoms qui profitent de cette technologie pour diffuser leur contenu. C’est par exemple le modèle ghanéen, et cela marche. C’est également le modèle proposé par CANAL + dans les pays francophones avec une structure dédiée, Telenum.

 

Quelles sont donc les caractéristiques de EASY TV ?

À travers une offre unique de 30 grandes chaînes congolaises, africaines et internationales en qualité numérique, l’ambition du groupe CANAL+ est de démocratiser ses contenus de qualité à un prix accessible au plus grand nombre. Proposé au tarif de 8 000 francs congolais par mois, le bouquet EASY TV couvre un large choix de thématiques (divertissement, information, séries, cinéma, sport, religion, jeunesse, musique et découverte) en donnant accès à des chaînes de référence et plébiscitées par nos abonnés (A+, Novelas TV, Infosport +, Ciné + Star, France 24, TV5 Monde, Planète+, Piwi+…) mais aussi à un large choix de chaînes congolaises (RTNC, Antenne A, B-One, Malaïka). Cette mise à disposition des chaînes congolaises était pour nous essentielle. Il est également essentiel pour nous d’être dans une démarche de partenariat.

 

C’est-à-dire ?

En RDC par exemple, l’offre EASY TV est développée avec un partenaire, Antenne A. Par ailleurs, le décodeur EASY TV assure la diffusion en clair des chaînes nationales et il est parfaitement compatible avec la TNT publique et gratuite. Il est également possible de mutualiser nos installations techniques (pylônes, émetteurs…) et celles déployées pour la TNT publique.

Cette démarche « gagnant-gagnant » nourrit de très bonnes relations avec les autorités, le gouvernement, le ministre de la Communication et des Médias, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication ainsi que le coordinateur du passage à la TNT. Et nous espérons que l’offre EASY TV sera proposée prochainement dans d’autres villes et provinces du pays.  

 

On a le sentiment que CANAL+ se démocratise et s’africanise. Est-ce une volonté stratégique ?

Oui et non. C’est une volonté du Groupe en effet, mais c’est aussi et surtout une évolution naturelle. Sur le continent, nos abonnés sont Africains. A nous donc d’offrir des contenus africains en plus de nos programmes de référence qui constituent aussi l’ADN de CANAL+. Nos abonnés ne sont plus seulement des privilégiés mais avant tout des téléspectateurs issus de la classe moyenne, curieux et exigeants qui «veulent du CANAL» mais aussi d’autres chaînes. Nous devions répondre à cette demande avec LES BOUQUETS CANAL+ qui offrent plus de 200 chaînes, radios et services. Quant aux 12 chaînes premium pour le continent : les chaînes CANAL+ de divertissement sont déclinées par région, en plus des chaînes cinéma, sport, séries et famille. Nous produisons de plus en plus de programmes dédiés au continent : +D’AFRIQUE, RÉUSSITE, TALENTS D’AFRIQUE sont des émissions qui battent des records d’audience. Et puis en 2015, nous avons lancé une chaîne 100% africaine A+.

 

De quoi dépasser à présent 2 millions d’abonnés en Afrique ?

Oui, mais au-delà de ces réussites qui nous ont permis de dépasser les 2 millions d’abonnés sur le continent, CANAL+ contribue beaucoup à la production audiovisuelle et cinématographique africaine en achetant ou en coproduisant des contenus. C’est un engagement fort et continu. Les réalisateurs et les producteurs avec qui nous travaillons sont ravis puisqu’ils ont un premier niveau de financement avec une exposition très forte qui constituent un gage de qualité et un référencement pour assumer le financement de l’œuvre, et qui assurent ensuite une exposition de leur œuvre sur de nombreuses chaînes en Afrique et ailleurs. C’est ainsi que CANAL+ remplit sa mission de passerelle culturelle.