Photo Financial Afrik: une petite barrière physique séparant le Togo et le Ghana. Mais combien de barrières non tarifaires se cachent-elles derrière et devant  ce point de passage?

C’était la vedette de la table ronde organisée les 14 et 15 juin à Abidjan sur les échanges au sein de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’enquête conduite par le  Centre du commerce international (CCI), organe de l’OMC basé à Genève, dans six pays de la région – Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali et Sénégal- révèle de nombreux obstacles contre les échanges intra-Union. 

En effet, 73% des entreprises interrogées disent être confrontées à des mesures non tarifaires contraignantes tant à l’import qu’à l’export, aussi bien  à l’intérieur qu’à l’extérieur de la CEDEAO. En outre, 40% des mesures contraignantes portent sur l’Agriculture et 68% concernent le secteur manufacturier. 

Au delà des mesures, ce sont les procédures qui coûtent cher aux entreprises en temps et en argent. Ainsi, obtenir une licence d’importation prend cinq fois plus de temps que dans le reste de l’Afrique subsaharienne. 

L’enquête révèle aussi  que l’un des obstacles majeurs dans le secteur manufacturier est lié aux règles d’origines et, notamment, à l’établissement des certificats d’origine. En ce qui concerne les exportations agricoles, “la mise en conformité constitue la principale barrière au commerce”, indique le rapport. Autant de conclusions qui poussent Aicha Agne Pouye, Directrice de la Division des Services d’appui aux entreprises et aux institutions du CCI, de dire que “le coût du commerce dans la région CEDEAO est l’un des plus élevés au monde”.

 Présents à la rencontre,  Jean-Louis Billon, ministre du Commerce de la Côte d’Ivoire et Stephan Nalletamby, vice-président par intérim, en charge des infrastructures, du secteur privé et de l’intégration régionale de la BAD, ont sans doute pris bonne note tant de l’enquête que des recommandations émises par les délégués.

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