Le 4e forum international sur la finance islamique en Afrique de l’Ouest a vécu les 2 et 3 juin 2016 au centre international de conférence Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD) à Dakar.

La finance islamique au service du PSE (Plan Sénégal Emergent) a été retenue comme thème par l’AIIF (Institut Africain de la Finance Islamique), initiateur de ce forum.

« L’Etat du Sénégal est très engagé dans le développement de la finance islamique. Donc cette année, on vise principalement le financement du PSE qui est une priorité du Président de la République du Sénégal », a déclaré le Président de l’AIIF, Mamadou Lamine Mbacké, en marge de la cérémonie d’ouverture du forum, le 2 juin.

Selon Abdou Aziz Tall, ministre en charge du suivi du PSE, la finance islamique constitue une source additionnelle et elle est appelée à jouer un rôle de premier plan dans la réussite du PSE. « Avec un volume global de 2000 milliards de dollars, la finance islamique représente en effet un grand potentiel pour notre pays en termes de génération d’investissements directs étrangers et de financements alternatifs », a soutenu le ministre lors de sa prise de parole.

Outre le thème orienté sur le financement du PSE, il a été aussi question de discuter du financement des mobiles bankings, mais également des PME.

La finance islamique, pour stimuler la croissance économique et sociale

En Afrique, on utilise trois fois de plus les téléphones portables que les occidentaux et le taux de bancarisation au Sénégal est d’environ 6%.La finance islamique offre dans ce sens une opportunité énorme aux populations africaines de se bancariser. Donc, il y’a un boom énorme, « il est clair qu’il y’a un appétit grandissant des investisseurs islamiques pour ne pas rater le train des services financiers », dixit le Président de l’AIIF.

En effet, la finance islamique dispose d’un produit appelé la « Moudaraba » qui a pour but de financer les PME. La « Moudaraba » est un partenariat d’investissement où la banque joue le rôle de l’investisseur (Rab el Mal), en s’engageant à financer intégralement le projet. En contrepartie, l’entrepreneur (Moudarib) doit assurer la gestion du projet.

Le Sénégal compte s’appuyer sur ce système de financement pour réaliser son développement économique et social, en complément à la finance classique qui reste l’habitude et la norme. Une telle démarche permettrait d’atténuer l’insuffisance de l’offre de financements aux producteurs ruraux, aux secteurs sociaux de base, aux investissements des PME, sans exclure les grands projets de l’Etat.

Ces 5 dernières années, les échanges dans le secteur de la finance islamique ont cru de 17% en Afrique et pourraient atteindre 3000 milliards de dollars d’ici à 2020.

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