C’est confirmé, la Samir sera liquidée. La décision de la Cour d’appel de Casablanca a scellé ce mercredi 01 juin le sort de la principale raffinerie du royaume, tombée dans l’escarcelle du groupe Corral Holding en 1997 au terme d’une privatisation sensée lui donner un nouveau souffle. Quelque 20 ans plus tard, l’on est bien obligé de l’admettre, c’est seul le milliardaire éthiopien Cheikh Al Amoudi qui est sorti gagnant de cet imbroglio, laissant sur le tapis des milliers de travailleurs, un pool bancaire local et international et des fournisseurs aux abois. La bataille judiciaire engagée par les avocats du propriétaire de l’hôtel Amphitrite Palace avait-elle d’autre objet que de faire gagner du temps à un actionnaire qui n’a finalement pas honoré ses promesses d’injecter des fonds. Heureusement que cette décision de liquider la Samir intervient à un moment où le pétrole  est suffisamment bas pour faciliter des importations. 

En attendant, le dossier Samir est-il clos? Pour rappel, le 21 mars 2016, le tribunal de Commerce avait décidé du placement en liquidation judiciaire de la raffinerie. Mais la société de raffinage avait fait appel, trois jours plus tard, de la décision du tribunal de Casablanca. Ni les promesses de son principal actionnaire Al-Amoudi d’injecter près de 6,5 milliards de DH, ni la tentative de redémarrage de la production n’auront convaincu la justice marocaine.
Mariata DIENG