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Le NEPAD, l’agence d’exécution de l’Union africaine, annonce aujourd’hui le lancement de MoveAfrica, une initiative qui vise à soutenir la transformation du commerce intra-africain en aidant à résoudre les obstacles immatériels au développement des infrastructures et des échanges transfrontaliers en Afrique. MoveAfrica a pour principal objectif de réduire les coûts et d’accroître l’efficacité des industriels opérant en Afrique. 

« Nous ne pouvons pas envisager une véritable industrialisation de notre continent sans des infrastructures de transport fonctionnelles. Cela passe non seulement par une amélioration quantitative de nos infrastructures, mais aussi par une simplification et une harmonisation radicales des conditions réglementaires du commerce sur le continent, ce que j’appellerais les infrastructures immatérielles, détaille Ibrahim Assane Mayaki, Secrétaire exécutif du NEPAD. Par exemple, il est inadmissible que les hommes d’affaires africains ne puissent pas se déplacer sans avoir besoin d’un visa à travers le continent. De même, les postes frontières à guichet unique pourraient considérablement faciliter le mouvement de marchandises à l’intérieur de l’Afrique. »

Parmi les infrastructures immatérielles ciblées figurent notamment les lois régissant le transport transfrontalier, les règlements relatifs à la traversée de la frontière (par ex. le dédouanement, les procédures de quarantaine), ainsi que les systèmes et les ressources organisationnelles pour le fonctionnement et la maintenance des infrastructures physiques. Les estimations actuelles indiquent que le volume des échanges en Afrique subsaharienne devrait plus que tripler, passant de 102,6 millions de tonnes en 2009 à 384 millions de tonnes en 2030, à condition que les corridors commerciaux soient achevés.

« Nous avons besoin d’une intervention active de tous les intervenants impliqués dans la mise en œuvre du traité de libre échange continental signé en 2012 à Addis-Abeba (CFTA), commente SE Mme Fatima Haram Acyl, Commissaire de l’Union africaine pour le Commerce et l’Industrie. L’Union africaine possède un dispositif cohérent d’aide au commerce et se félicite de la contribution du NEPAD au libre-échange et à la mise en œuvre des normes et des processus douaniers. »

Les entreprises multinationales en sont pour l’instant réduites aux dernières extrémités pour maîtriser leurs coûts quand elles opèrent en Afrique. Par exemple, un constructeur automobile basé en Afrique du Sud rapporte qu’il est obligé d’affréter des avions pour déplacer ses véhicules de Johannesburg à Nairobi. Un autre industriel dans le secteur des boissons gazeuses révèle qu’il est plus facile et moins cher d’acheter des fruits de la passion en Chine, de les exporter vers le Kenya pour les embouteiller et les commercialiser sur place plutôt que de les acheter directement en Ouganda.

« On ne peut pas ignorer les aspects politiques du secteur des infrastructures, explique Tony O. Elumelu, Président de Heirs Holding et fondateur de la Fondation Tony Elumelu. Nos gouvernements sont sur la bonne voie, mais nous pouvons faire beaucoup plus. Le secteur des transports requiert des investissements à long terme et nécessite des capitaux énormes. Nous avons donc besoin que nos gouvernements aident le secteur privé grâce à des politiques qui nous encouragent à apporter des capitaux. Ils ont un rôle clé à jouer, mais nous nous devons aussi de leur affirmer que le secteur privé est prêt à engager. C’est pourquoi je prends l’initiative MoveAfrica très au sérieux. »

Après son lancement, l’Initiative MoveAfrica mènera plusieurs activités en parallèle : un rapport annuel des parties prenantes pour classer et suivre la capacité des pays du continent en matière de transport de marchandises et d’échanges de services, un briefing annuel des différentes parties prenantes à l’occasion d’une table ronde et un groupe consultatif d’entreprises en pointe sur l’amélioration des transports et de la logistique en Afrique.

Le programme MoveAfrica vient en appui du Continental Business Network (CBN). Le CBN constitue une réponse des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine destinée à permettre aux décideurs publics de bénéficier des conseils et du leadership du secteur privé dans les projets d’infrastructure essentiels à l’échelle continentale. Le CBN intervient comme un forum de haut niveau entre secteurs public et privé sur l’investissement dans les infrastructures. Il procure un leadership éclairé sur un large éventail de questions stratégiques et est animé par des hommes d’affaires et des dirigeants d’institutions publiques de premier plan.

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