BRVM bourseCinq mois après le début du processus, l’action de BOA Mali n’a toujours pas finalisé son introduction à la Bourse régionale des valeurs mobilières d’Abidjan (BRVM).

«Simples  défaillances techniques» ou «manipulation dans les allocations de titres»? Le débat fait rage entre les acteurs du marché. S’ils sont divisés sur le degré de gravité de cette affaire, les financiers sont unanimes à dénoncer l’absence de communication.

 

 

Rappel des faits 

 

Tout avait pourtant  bien commencé. La filiale de la Bank Of Africa avait, en date du 17 décembre 2015, lancé une Offre publique de vente (OPV) de 400 000 actions étalées sur un mois.  Le succès fut immédiat. L’engouement du public, fonds d’investissement et particuliers, allait entraîner une clôture anticipée au bout de quelques heures.  L’opération devait se conclure au plus tard 90 jours après le closing, soit le 30 mars 2016.

Or, plus de 37 jours après cette limite légale, BOA Mali ne flotte toujours pas à la BRVM. Aucun communiqué n’est servi au public qui avait souscrit avec enthousiasme en reportant sa confiance sur la capacité du gendarme du marché à veiller sur la régularité des opérations.

Ce retard inexpliqué met les investisseurs en délicatesse avec leurs courtiers (SGI).  L’embarras des SGI est de taille puisque les fonds des investisseurs ayant participé à l’opération ont été transmis à l’émetteur dans la foulée depuis la deuxième quinzaine du mois de décembre 2015. Ces investisseurs sont donc, pour sacrifier au jargon boursier, “collés” ne pouvant profiter de leur placement.

 

Les procédures et les délais 

Une fois le closing effectué, la procédure impose à l’arrangeur, notamment Actibourse (groupe BOA), de faire une demande d’inscription en compte des titres émis auprès du DC/BR (Dépositaire Central Banque de Règlement) ainsi qu’une demande d’introduction en bourse de ces titres auprès de la BRVM qui a pour habitude de traiter ces requêtes avec diligence (moins de 30 jours). La BRVM analyse la demande et la transfère au CREPMF (Conseil Régional de l’Épargne Publique et des Marchés Financiers) si elle la trouve conforme.

Selon les textes du marché financier, le CREPMF a 7 jours pour se prononcer et émettre eventuellement un veto. L’absence de réaction autorise de facto l’introduction en bourse.

Au vu de ce qui se passe, tout porterait à croire que le dossier BOA Mali est soit bloqué au niveau de la BRVM, soit objet d’un veto du Conseil Régional.

En supposant que l’arrangeur a accompli les diligences qui lui incombent, tous les regards sont orientés vers les structures centrales du marché (BRVM, DC/BR et CREPMF) pour lever le suspens d’un inattendu feuilleton brésilien sur la cote abidjanaise.

 

Adama Wade