Par Jean Mermoz KONANDI, Abidjan.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a promulgué ce vendredi le budget 2016 évalué à 6 060 milliards de nairas, soit 26,4 milliards d’euros, en progression de 44%, par rapport à celui de 2015. 

Une hausse record fondée sur l’hypothèse d’un cours moyen du brut à 38 dollars pour une production journalière projetée à 2,2 millions de barils, d’une part, et d’autre part sur des projections d’une hausse d’environ 46% des recettes hors hydrocarbure, à 3 380 milliards de nairas.

 

Premier budget de son mandat, le président Buhari avait rejeté en décembre dernier une première mouture établi à 6 080 milliards de nairas jugé un peu trop optimiste quant à l’évolution des cours de l’or noir et pour cause de nombreux doublons et erreurs de calculs dans la présentation des dépenses.

 

Déficit

 

Le Nigeria traverse « probablement la plus pire période économique de son histoire » mais reste optimiste quant à la mobilisation des ressources, s’est voulue rassurant Buhari qui s’adressait à l’occasion devant des membres de son gouvernement.

 

Mais les défis à relever n’en demeurent pas pour autant important avec un déficit budgétaire estimé à environ 2 200 milliards nairas pour lequel la première économie du continent compte se tourner vers les marchés financiers pour emprunter « au meilleur taux possible ».

 

Fin avril, l’agence de notation Moody’s a baissé d’un cran la note souveraine du pays de Ba3 à B1 avec « perspective stable » notant toutefois un niveau d’endettement du pays relativement faible, à 16% du PIB.

 

Durement frappé par la crise du pétrole, le Nigeria peut compter sur une volonté affichée des autorités de mettre un terme à une corruption devenue endémique et à la diversification de son économie dans les secteurs agricole et manufacturier.