Par Mory Guéta Cissé, financier
Il faut accepter de se regarder en face pour reconnaître ses erreurs et essayer d’y remédier, le sénégalais lambda a bien souvent une attitude marquée par une certaine suffisance par rapport à ses voisins des pays limitrophes et les sociologues pourraient le reconnaître en toute objectivité.

Chaque sénégalais instinctivement, sans s’en cacher et de la manière la plus naturelle a son Nar, son Peulh Fouta, son Diallo kerign, son bambara, etc…, et, sociologiquement cela finit par se traduire et se concrétiser par le développement d’un complexe de supériorité vis-à-vis de ces peuples.

Ainsi, le sénégalais lambda ne cesse de se prévaloir d’un statut de peuple plus civilisé que ses voisins pour avoir subi plus longuement la colonisation avec ce que cela peut développer comme complexes chez lui d’abord et de frustrations chez ceux qui supportent ses sarcasmes.

Il s’agit certes d’un comportement bon enfant et même puéril qui ne dérangeait en rien les anciens qui en riaient d’ailleurs et mettaient le tout dans le cadre de plaisanterie de voisinage comme il est d’usage en Afrique noire ce qui n’est plus le cas pour les nouvelles générations qui n’ont pas cette culture et qui ont côtoyé dans les universités et les grandes écoles la nouvelle élite sénégalaise et n’acceptent plus qu’on les regarde de haut ni un quelconque sentiment de négligence.

La Sénégambie regroupe certes les mêmes peuples mais avec des cultures, des pratiques sociales et des niveaux de vie et de développement très différents et, si le sénégalais lambda est fort utile de par son savoir-faire et son professionnalisme dans le développement économique et social des pays hôte, ces mêmes ouvriers , techniciens et cadres malgré une communauté de culte religieux y vivent en vase clos et n’intègrent pas toujours les populations locales pour des raisons qui leur sont propres et ces populations peuvent considérer cette non intégration comme des sous estimations.

La Gambie est un petit pays au grand cœur dont les populations sont ouvertes et respectueuses, tout y est sobriété et joie de vivre et les populations comprennent difficilement les contraintes protocolaires de certains plénipotentiaires les rendant inaccessibles donc peu productifs pour pouvoir intervenir et étouffer dans l’œuf tout conflit potentiel pour une meilleure intégration des peuples africains car il est illusoire de penser à une intégration économique sans une intégration des peuples.

Macky n’est pas le gendarme de la sous-région et aucun Chef d’Etat ne saurait le lui accepter mais ils ne devraient pas rester les bras croisés et une initiative diplomatique devrait provenir de n’importe quel pays ami car, un tête à tête Jammeh, Macky ne résoudra pas le problème qu’on a laissé inutilement pourrir, de plus, l’élite ainsi que le peuple gambien continuent de croire ou de supposer que les sénégalais les considèrent comme un peuple « primitif » auquel ils peuvent imposer leur diktat.

Ce tête à tête est certes souhaitable mais il faudrait y associer la Mauritanie, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau et le Mali ainsi que les chefs religieux des différents pays pour que ce problème de blocage de la frontière soit résolu définitivement pour que la Gambie puisse continuer son développement incontestable durant ces dernières décennies.

La fermeture des frontières par quelque autorité que ce soit ne profite à personne et les effets collatéraux d’un tel acte impactent négativement sur la situation économique d’autres pays; Redevenons tous raisonnables il y va de l’intérêt de tous, les peuples souffrent de cette situation mais les faucons des deux côtés n’entendent pas leurs cris et complaintes.

Vivement que le Président Aziz prenne l’initiative de la réconciliation en y associant les autres chefs d’Etat de la sous-région.

MORY GUETA CISSE

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