Par Amadou Seck, envoyé spécial à Washington.

imageAvec un taux de croissance de 3% en 2015, les économies de l’Afrique subsaharienne ont continué à ressentir la baisse des cours internationaux des matières premières, indique un rapport de la Banque Mondiale (BM), rendu public lundi après midi à Washington, en marge des préparatifs des Assemblée Générales de printemps de la BM et du Fonds Monétaire Internationale (FMI), dont les assises se déroulent à la fin de cette semaine dans la capitale fédérale américaine.

Ce chiffre est en baisse comparativement à l’année 2014, au cours de laquelle le taux de croissance était estimé à 4,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) dans cette partie du monde.
La croissance au niveau de la région Afrique subsaharienne est plombée par un certain nombre de facteurs dont le plus saillant est la baisse des prix des produits de base, explique le document de l’institution financière internationale.
La dernière édition du rapport semestriel «Africa Pulse» livre une analyse des perspectives pour l’Afrique subsaharienne sur la base de prévisions de croissance de l’année 2016, qui devrait se situer à  «3,3%».Un chiffre qui est le reflet d’une réalité «morose, bien en dessous du fort dynamisme que la région affichait de 2003 à 2008, avec un taux de de 6,8%. Cependant, la croissance d’ensemble devrait rebondir en 2017 et 2018 pour atteindre les 4,5% ».
La source du mal tient aux prix des matières premières «en particulier à ceux du pétrole qui ont chuté de 67% entre juin 2014 et décembre 2015, et à l’atonie de l’économie mondiale surtout du côté des marchés des pays émergeants ».
Par ailleurs, il faut ajouter à ces éléments de blocage de l’activité économique en Afrique au Sud du Sahara, des facteurs internes à certains pays, «comme les pénuries d’électricité, la sécheresse, l’instabilité politique, les menaces sécuritaires au niveau national et régional»,  venus aggraver les conséquences néfastes de la plongée des cours internationaux des matières de base, et une baisse des flux de financement émanant de l’extérieur.
Cependant, au-delà de la morosité ambiante, quelques pays «affichent toujours une croissance robuste» à l’image du Kenya, de la Tanzanie, du Rwanda et de la Côte d’Ivoire «qui a bénéficié d’un contexte économique favorable et d’une augmentation des investissements».
De nombreux pays du continent manquent de marge de manœuvre politique pour amortir le choc extérieur.
Du coup, les perspectives de croissance sont compromises par des retards dans la mise en œuvre des ajustements nécessaires pour faire face à une telle situation.


Amadou Seck de Washington

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