imagePierre Goudiaby Atepa, architecte de renommée internationale  et PCA de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) d’Abidjan, met les pendules à l’heure. Dans cet entretien exclusif, l’homme d’affaires cité dans les «Panama Papers» précise n’avoir fait que transférer, sur la base de conseils avisés, sa société de Genève à Panama pour une meilleure optimisation fiscale.


Pouvez-vous revenir sur les faits. Avez-vous ouvert un compte bancaire au Panama pour échapper au fisc en Afrique ?


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Il y a une trentaine d’années, lorsque je décidais de me lancer dans des activités au niveau international, j’ai ouvert un compte à Genève, pour faciliter les transactions avec l’étranger. De même, j’ai créé Atepa Engineering pour les mêmes objectifs. J’en avais informé les autorités compétentes du Sénégal, à l’époque. Ce compte a été clôturé depuis la modernisation des instruments de transfert d’argent. Il m’a alors était conseillé d’immatriculer ma société de Genève à Panama pour payer moins d’impôts. Je l’ai fait conformément à la législation en vigueur dans cette ville. Tout homme avisé l’aurait fait.

 

Je n’ai jamais ouvert de compte en mon nom, ni en celui de mon épouse au Panama. Je le dis solennellement. Si j’avais un compte dans ces paradis fiscaux, je l’aurais dénommé “Thiof international’’ pour rire et faire people»

 

 

C’est une question de bon sens.  Des compétences internationales aux assises financières plus solides le font. Actuellement, je dispose d’un compte à Paris que j’utilise pour les transactions internationales. Voilà la simple et stricte vérité dans cette affaire. D’ailleurs, le compte objet de tout ce bruit a été fermé il ya cinq ans. Le dossier des paradis fiscaux agite le landerneau politique, médiatique, économique et financier mondial alors que tous nos efforts tendaient à assurer la sécurité de nos frontières, de nos populations et de nos biens. Comme une entreprise de diversion, on a jeté un pavé dans la mare. Et tous les opérateurs, tous bords confondus, apparaissent comme des margoulins évoluant en eau troubles. Je n’ai jamais ouvert de compte en mon nom, ni en celui de mon épouse au Panama. Je le dis solennellement. Si j’avais un compte dans ces paradis fiscaux, je l’aurais dénommé “Thiof international’’ pour rire et faire people»,

 


Autrement dit vous n’êtes pas concerné par le scandale des Panama Pampers ?


Je suis étranger aux paradis fiscaux ou aux prétendus caches d’argent. Moi, je paye mes impôts et je continuerai de le faire. Car, mes affaires s’en portent mieux. (…). Nous recevrons encore des coups de ceux qui ne conçoivent la vie que selon leurs normes du jour.  C’est la loi du genre. Restons concentrés sur nos priorités de développer l’Afrique notre cher continent.  Pour ma part, je poursuivrai mon travail, assuré que tout me sera combat. Je le dois à ma famille, au pays qui m’a vu naître et devenir, à mon continent aussi qu’aux générations montantes. Je le dois aussi aux administrateurs de la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm) qui m’ont accordé leur confiance en me portant à la tête du Conseil d’administration de cette importante institution ouest-africaine.

 


Ce scandale remet sur le tapis la question centrale de la fuite des capitaux en Afrique .Quelle est votre appréciation ?


 

Vous savez, moi je ne suis pas le produit d’une réussite spontanée. Il ne serait pas convenable de confondre ce que l’on obtient à la sueur de son front avec le gangstérisme de certains politiciens qui ont pillé nos économies et mis nos pays à genoux à travers des sociétés écrans et des prête-noms. En ce qui me concerne, je travaille plus à l’international et mes sociétés ouvertes en Chine, en Inde ou à Genève me permettent de réaliser des investissements et de ramener honnêtement l’argent en Afrique. Vous savez, si vous travaillez en Afrique, même pour faire des virements en direction de l’extérieur, il faut l’autorisation du ministère des finances, c’est trop complexe. Je vais vous faire une révélation ; je n’ai que deux biens à l’extérieur. Il s’agit d’un appartement à Washington et d’un autre appartement à Dubai .Tous mes autres biens sont immatriculés au Sénégal, donc en Afrique. En revanche j’ai ouvert un compte bancaire à Hong Kong parce que tout simplement je travaille en Chine depuis huit bonnes années.


Pouvez-vous rapidement revenir sur votre parcours d’acteur du développement en Afrique ?


 

Il faut retenir que l’honnêteté, le respect de sa parole ou de son contrat créent et nourrissent la confiance. C’est avec la confiance de mes partenaires que j’ai réussi à bâtir le peu qui porte mon empreinte en tant qu’architecte et en tant qu’acteur du développement de mon pays et de mon continent. Du siège de la Bceao en 1976 aux projets de lancement de satellite dans la sous-région en coopération avec la société Aérospatiale chinoise, il ya quarante ans de distance, quarante ans de travail jour et nuit allant par monts et par vaux. C’est ainsi que grâce à Dieu, un enfant de Ziguinchor (Casamance) a pu réaliser de nombreux projets en Afrique, notamment la ville nouvelle de Malabo, l’aéroport international de Banjul, cité parmi les dix meilleurs du monde, la cité internationale des affaires de Njaména,le siège de la Cedeao à Lomé, la Tour Thomas Sankara à Pointe-Noire (Congo-Brazzaville)…Par ailleurs ,j’ai ouvert des bureaux sur les champs Elysées à Paris, à Moscou, à Beijing, en Inde pour mieux participer au développement de mon pays et de l’Afrique. Ce sont des actions à présenter à notre jeunesse pour lui dire qu’elle peut faire autant et même mieux si elle se met à l’ouvrage.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR ALBERT SAVANA

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