La croissance en Afrique devrait atteindre une moyenne de plus de 4% au cours des cinq prochaines années, mais le continent dépend toujours des matières premières, selon l’ICAEW (The Institute of Chartered Accountants in England and Wales). Dans son rapport Economic Insight: Africa Q1 2016, l’institution de formation spécialisé dans la comptabilité et la finance fait ressortir que l’avenir s’annonce prometteur pour les économies africaines avant d’indiquer toutefois que la fabrication représente toujours une faible part de production et que l’ancien modèle d’exportation de matières premières n’est plus viable.

Michael Armstrong, Directeur régional, ICAEW Moyen Orient, Afrique et Asie du Sud
Michael Armstrong, Directeur régional, ICAEW Moyen Orient, Afrique et Asie du Sud

Selon le rapport, la croissance du PIB en Afrique devrait atteindre une moyenne de 4,3% entre 2015 et 2020. Le Nigeria, qui est la plus grande économie du continent, devrait contribuer de manière significative à l’expansion économique de l’Afrique avec un taux de rendement réel moyen de 4,8% par an entre 2015 et 2020, contribuant ainsi à plus de 25% de la prévision de croissance du continent durant cette période.

Dans la région de l’Afrique orientale, l’économie du Kenya devrait augmenter d’environ 6% au cours de la période 2017-2020. Cela, grâce à son économie relativement diversifiée et sa faible dépendance sur les matières premières, ce qui donne de bonnes perspectives de croissance économique au pays.

Michael Armstrong, Directeur régional, ICAEW Moyen Orient, Afrique et Asie du Sud indique : « L’Afrique est le continent le plus tributaire des matières premières au monde. Les économies africaines ont de plus en plus besoin de créer un environnement accueillant pour les compagnies qui opèrent dans les secteurs manufacturier et des services car ils seront des moteurs de croissance. En effet, les anciens modèles de croissance menés par les exportations de matières premières sont dépassés. »

« La région de l’Afrique orientale a opté pour l’utilisation des énergies renouvelables afin de pouvoir se passer des anciennes technologies de production d’énergie, tout en réduisant la nécessité d’étendre le réseau national de l’énergie dans les villages reculés », a déclaré M. Armstrong.

Le rapport démontre que le Kenya, par exemple, est le septième plus gros producteur d’énergie géothermique à l’échelle mondiale depuis que la deuxième phase de la centrale géothermique d’Olkaria a été complétée. Olkaria est désormais la plus grande centrale géothermique avec une seule turbine dans le monde.

Cependant, le Kenya continue de faire face à ses propres défis. La situation financière injustifiable du pays est la raison principale pour laquelle Standard & Poor’s et Fitch Ratings ont rétrogradé les perspectives du pays, qui sont passées de stables à négatives l’an dernier. Toutefois, le rapport souligne également que le gouvernement kenyan a pris des mesures importantes pour aller vers une consolidation budgétaire en préparant un budget supplémentaire qui prévoit de réduire à la fois le développement et les dépenses publiques récurrentes au cours de l’année financière actuelle.

Tom Rogers, Associate Director, Macro Consulting at Oxford Economics, a affirmé qu’une stratégie précise pour empêcher un dérapage budgétaire serait nécessaire afin de renforcer la confiance dans les finances publiques et la stabilité économique. « Il faut que le gouvernement prenne en considération ces préoccupations économiques afin de trouver des solutions à ces problèmes et redonner une certaine confiance dans les perspectives économiques du pays », a-t-il fait ressortir.

Selon le rapport ICAEW Economic Insight: Africa, l’innovation dans la technologie des services financiers – aussi appelé FinTech – est apparue comme une première opportunité d’investissement mondial et a enregistré une croissance rapide au cours des cinq dernières années car l’innovation technologique a permis aux consommateurs numériques d’améliorer les services bancaires traditionnels.

« Le secteur financier en ligne a vraiment décollé en Afrique, car il répond à un besoin au niveau des services financiers de qualité et des solutions sur mesure pour les problèmes structurels, y compris les coupures d’électricité fréquentes et les infrastructures rurales pauvres », a indiqué Tom Rogers.

FinTech a contribué de manière significative à simplifier plusieurs procédés tels que le transfert d’argent et de revenus, l’acquisition d’une assurance et l’obtention d’un crédit. De plus, la banque mobile a permis des prêts entre particuliers sur une plus grande échelle.

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