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Ade Ayeyemi, CEO d’Ecobank, a soldé un héritage délicat que lui avait légué son prédécesseur.

Comme nous l’annoncions en avant première,  Thierry Tanoh, ancien CEO d’Ecobank, est parvenu, le 18 février, à un arrangement à l’amiable avec son ancien employeur.

Les négociations finales ont duré toute la journée du 18 février à Abidjan entre l’hôtel Ivoire et, plus tard, au cabinet deMe Jean-François Chauvaux, situé au Plateau.

Dans les couloirs de la banque basée à Lomé, l’arrangement trouvé fait l’objet d’intenses commentaires. Si certains hauts cadres saluent le génie du nouveau directeur général, Ade Ayeyemi, et louent sa pondération pour avoir trouvé une solution à un conflit coûteux politiquement et pernicieux pour l’image de la banque panafricaine, d’autres regrettent le montant arrangé (record dans les annales de la finance africaine) et se demandent si l’affaire en restera là. Après qu’Ecobank se soit coupé un pied pour solder ce différent, va-t-on vers une réforme en profondeur des systèmes de gouvernance avec une réaffirmation de l’indépendance de l’audit, et la mise en place d’une muraille de Chine entre le conseil d’administration et le management ?

Situera-t-on les responsabilités dans une démarche qualitative visant à apprendre des leçons du passé ou devra-t-on en rester là pour toujours ?

Diligentera-t-on  des enquêtes approfondies sur notamment le management des ressources humaines et déterminer avec exactitude quand, comment et où le terme «incompétent» s’est-il retrouvé (à perte au vu de la facture) dans une procédure de licenciement?

Désireux de fédérer toutes les forces, le directeur général n’ouvrira pas un nouveau front en interne mais devrait privilégier le consensus et la cohésion.

 

Un montant record 
En tout, la Banque panafricaine décaissera 12 millions de dollars (environ 7 milliards de FCFA) pour stopper une machine judiciaire qui par trois fois, à Lomé, à Abidjan comme à Londres, n’était pas à son avantage. La banque a rabattu de 50% le montant cumulé prononcé par les tribunaux de Travail et de Commerce de Lomé et d’Abidjan.
Nous le disions, la faute impardonnable de ceux qui ont  limogé Thierry Tanoh fut, en plus d’un licenciement qui n’a pas respecté les usages, de l’avoir traité d’incompétent. Ce qualitatif violent est rarement utilisé dans le jargon du monde des affaires car exposant l’usager à fournir des preuves quasi-impossibles.

Cette affaire a mobilisé de nombreux avocats dont Me Florent Louan du cabinet Konn Kakou Louan qui défendait Ecobank Côte d’Ivoire (un temps exposé à la saisie des actifs dans Le cadre de cette affaire). Égalemement impliqué, le pool défendant Ecobank et PIC, à savoir Me Arsème Dablé du cabinet Dogué, Me Amadou Camara du cabinet Jean-François Chauvaux, Me Edem Zotchi du cabinet Martial Akapko du Togo et du cabinet Bourdon et Forestier de France.
Quant à Thierry Tanoh, il était assisté de son conseil composé du Togolais Adama Bruce Doh et des Ivoiriens Soualio Lassomane Diomandé et Luc Adjé qui, renfloués de frais et honoraires, ont le droit de fêter dignement ce qui s’apparente à une victoire de David contre Goliath.

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