imageLes économistes des grandes banques d’investissement internationales promettent le pire à l’économie britannique et à la livre sterling au cas où le référendum du 23 juin sur le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Union européenne (UE) se soldait par une victoire du « non ».

Vous trouverez ci-dessous un florilège de leurs prévisions.

 

UBS

« Nous estimons qu’un Brexit ‘laborieux’ aurait un impact négatif de près de trois points de PIB pour le Royaume-Uni sur la durée. Nous anticipons une hausse des taux par la Banque d’Angleterre en novembre, mais un vote en faveur de la sortie de l’UE devrait aisément la décaler dans le temps. »

 

HSBC

« Le sterling pourrait chuter de 15% à 20% contre le dollar, poussant l’euro/sterling vers la parité et déclenchant une flambée de l’inflation de cinq points de pourcentage. La croissance de l’économie britannique serait réduite d’un à 1,5 point de pourcentage au cours de l’année suivante, voire même plus dans l’hypothèse peu vraisemblable d’une hausse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre (en réaction aux conséquences du vote). »

 

CRÉDIT AGRICOLE

« Le sterling pourrait chuter à 1,30 dollar en cas de Brexit. »

RABOBANK

« Nous anticipons que l’euro/sterling rechuterait vers la zone des 0,85 dans un premier temps. »

JPMORGAN

« La croissance de l’économie britannique ralentirait à 1% dans l’année suivant un vote en faveur du Brexit. En fonction de la durée du choc lié à l’incertitude (provoquée par le Brexit), la croissance du PIB pourrait diminuer de trois points de pourcentage par rapport à la tendance dans le cas le plus extrême.

« Si la Banque d’Angleterre est contrainte de baisser ses taux, les rendements des gilts à deux ans et à cinq ans pourraient chuter de 25 et 35 points de base respectivement. Le sterling chuterait à 1,33 dollar et l’euro monterait à 0,78 (sterling). »

DEUTSCHE BANK

« Il n’est pas difficile d’envisager un impact négatif sur la croissance du PIB bien supérieur à un point de pourcentage par an pendant les deux à trois années (voire plus) de négociations entre le Royaume-Uni et ses ex-partenaires de l’Union européenne après un Brexit. »

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE

La croissance du PIB pourrait être réduite de 0,5 à 1,0 point de pourcentage par an en moyenne sur une décennie.

MORGAN STANLEY

Un choc « significatif » sur la consommation et l’investissement amputerait la croissance de 1,3 point de pourcentage en 2016-2017. Le sterling se déprécierait de 5% contre la devise américaine, à 1,39 dollar, et « sa faiblesse persisterait ». La Bourse de Londres pourrait accuser une sous-performance allant jusqu’à 20% par rapport aux autres grandes places boursières internationales.

CREDIT SUISSE

Dans les circonstances les plus extrêmes, cela pourrait entraîner une chute de 1% à 2% du PIB à court terme en raison de la combinaison délétère de la morosité du climat des affaires, du resserrement des conditions financières, d’une inflation plus élevée et d’une chute du revenu réel.

La livre tomberait à 83 pence pour un euro et à 1,20 dollar si l’euro/dollar se rapprochait de la parité.

CITI

La croissance du PIB serait réduite de 1,0 à 1,5 point de pourcentage en 2017, 2018 et 2019, ce qui correspondrait à un déficit de croissance d’environ quatre points de pourcentage par rapport au potentiel. Le sterling pourrait chuter de 15% à 20% par rapport à ses niveaux actuels.

UNICREDIT

Le Brexit pourrait coûter au Royaume-Uni environ six points de PIB sur la prochaine décennie avec un risque de crise de la balance des paiements.

GOLDMAN SACHS

Le taux de change du sterling pondéré par les échanges extérieurs pourrait chuter de 15% à 20%, poussant le sterling/dollar à 1,15-1,20 dollar et l’euro/sterling autour de 90-95 pence.

NOMURA

« Une réticence des investisseurs internationaux à financer le déficit des comptes courants aux conditions actuelles pourrait entraîner un effondrement de la devise de 10% à 15% sur plusieurs mois. »

AGENCES DE NOTATION

Pour Moody’s, « une sortie de l’UE serait négative pour l’économie britannique à court et peut-être à moyen terme. L’impact économique à moyen terme dépend de manière cruciale du nouvel accord commercial que le Royaume-Uni serait capable de négocier avec l’Union européenne. Une sortie renforcerait le risque politique intérieur et pourrait réduire la prévisibilité et l’efficacité de la politique économique. Nous pourrions assortir la note d’une perspective négative en cas de vote en faveur du Brexit pour tenir compte des perspectives d’une croissance économique plus faible et d’une période d’incertitude potentiellement durable. »

Pour S&P, le Brexit pourrait « mettre en danger des sources importantes de financement extérieur du déficit considérable des comptes courants britannique. Dans le scénario du pire, un Brexit pourrait aussi nuire au rôle de monnaie de réserve du sterling, supprimant ce qui a constitué depuis le début de la crise financière internationale un facteur important du maintien de notre note AAA. »

Pour Fitch, « le Brexit serait ‘modérément’ négatif pour la qualité de crédit du Royaume-Uni. La probabilité d’un deuxième référendum sur l’indépendance de l’Ecosse augmenterait fortement. L’indépendance de l’Ecosse entraînerait une augmentation dangereuse de 10 points du ratio d’endettement britannique. »

(Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)

Reuters

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