DG du CCA SANOGO Malamine

Devenu premier producteur mondial de noix de cajou lors de la dernière campagne, la Côte d’Ivoire va consolider sa position et se frotte les mains alors que s’ouvre officiellement ce 15 février la campagne de commercialisation. Le prix d’achat des noix brutes, fixé à 350 francs le kilogramme, en hausse de 75 francs, devrait largement être dépassé dans un contexte international plutôt favorable, a indiqué Malamine Sanogo, Directeur du Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA), l’organe public de gestion du secteur, au cours d’un point de presse ce vendredi 12 février.

Si le pays a incontestablement réussit sa production, la transformation des noix brutes reste encore à la traîne.

Des cours à la hausse

Alors que la campagne de commercialisation s’ouvre ce lundi 15 février, le secteur de la noix de cajou se prépare à aborder une année pleine de promesses. La Côte d’Ivoire attend une production de noix brutes de 725 000 tonnes, en légère progression, +3,2%, mais suffisant pour renforcer sa position de premier producteur mondial arrachée à l’Inde l’année dernière. L’offre ivoirienne va représenter, selon les projections, 24% de 2,9 millions de tonnes attendus à l’échelle mondiale, contre 22% pour l’Inde et 11% pour le Vietnam, les deux autres principaux producteurs.

Au niveau des cours, la tendance haussière observée en 2015 est prévue pour se maintenir. Le marché mondial devrait enregistrer un déficit de 450 000 tonnes cette année. Aussi, d’après les estimations, les cours devront-t-ils se stabiliser autour de 3,15 à 3,16 dollars/lb (1 lb = 0,45359 kg).

Selon le CCA, le prix d’achat « plancher » de 350 francs le kg va donc bénéficier de la concurrence entre les acteurs et du rapport de l’offre et de la demande, ce qui permettra de déterminer « le niveau réel du prix bord champ ». L’année dernière, les paysans avaient pu obtenir, pour un prix plancher de 275 francs/kg, un prix moyen de 410 F CFA/kg, avec des offres d’achat allant jusqu’à 600 F CFA/kg.

Un essor remarquable

Avec une production record de 702 510 tonnes l’année dernière, en hausse de 24% par rapport à 2014, la noix de cajou enregistre un essor remarquable en Côte d’Ivoire. Le nombre de producteurs est passé de 100 000 à 165 191 entre 2014 et 2015. Les revenus distribués ont quant à eux bondi de 70% à 288 milliards F CFA en seulement un an.

Soutenir la transformation locale

Une subvention de 80 F CFA/kg de noix achetés, sera accordée aux transformateurs locaux. L’enjeu est de soutenir les entreprises du secteur, essentiellement des unités de petites et moyennes tailles, qui peinent à suivre l’envolée des cours face aux multinationales, et donc à approvisionner leurs usines. Seulement 41 012 tonnes ont été transformées en 2015, soit 6% de la production annuelle, contre 37 696 en 2014. Le pays reste encore loin de ses ambitions d’usiner toute sa production à l’horizon 2020.

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