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Dans l’enchantement permanent qu’ils entretiennent autour de leur modèle de développement, les Emirats Arabes-Unis viennent d’introduire un paramètre nouveau à ranger dans le marketing politique international: le bonheur. L’annonce a été faite sur Twitter et génère depuis des milliers d’articles et commentaires sur la toile, qui participent ainsi à un toilettage sans précèdent de l’image de marque de la puissante fédération qui carburait jusque-là avec des  superlatifs de gigantisme, peu écologiques, et une main d’œuvre étrangère soumise encore, quoique allégé, au système de la Kafala.

 Créé à la faveur du dernier conseil des ministres du 10 février, le   poste de ministre d’Etat du bonheur est attribué à Ouhoud Al-Roumi, par ailleurs directrice générale de la présidence du conseil des ministres, fonction qu’elle conserve aussi.

“Le paramètre de la réussite du gouvernement est d’introduire des changements réels qui participent au bonheur de l’homme”, a expliqué le Premier ministre des Émirats, Cheikh Mohammed ben Rached Al-Maktoum, qui est aussi souverain de Dubaï.

Les Emirats emboîtent le pas au royaume du Buthan qui avait introduit le bonheur national brut en lieu et place du produit intérieur brut comme base de calcul des progrès économiques.

En tout cas, ces prises de position fortes sur les paramètres de mesure de la prospérité tranchent avec le mimétisme obséquieux africain. Nos gouvernements reconduisent d’année en année  sur Power Point les mêmes objectifs quantitatifs impersonnels de progression du PIB avec l’assiduité d’un candidat au bac. Pendant que d’autres alternatives (développement durable ) font leur éclosion, nous continuons de croire qu’il suffit d’une croissance de 7% pour que s’enclenche la réduction de la pauvreté.  Or, comme le disait si bien le premier ministre britannique, David Cameron, un tremblement de terre peut aussi provoquer la croissance du PIB.

Khalid Berrada, Casablanca

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