Dans un peu plus de deux mois, la Côte d’Ivoire aura une idée plus précise de la situation de l’emploi, chez les jeunes notamment. Le pays s’attaque à une question cruciale qui reste un maillon faible de la forte croissance économique enregistrée ces dernières années.

L’enquête sur la situation de l’emploi et le secteur informel en Côte d’Ivoire, la troisième du genre, vise à mieux apprécier « l’évolution de la situation de l’emploi et à obtenir des données en vue d’une bonne prise de décision », a expliqué le Premier ministre ivoirien, Kablan Duncan, qui a lancé les travaux ce lundi 8 février.

Sur la base des critères définis par le bureau international du Travail (BIT), l’enquête emploi 2012 a révélé un taux de chômage de 9,4% et celle de 2013-2014 un taux de 6,4%, a-t-il souligné. Un niveau confirmé par une étude de la Banque mondiale en décembre dernier, qui estimait à 7% le taux de chômage. Mais le bémol est que ces statistiques englobent ce que les spécialistes qualifient de « sous-emploi », une forme de chômage déguisée dans laquelle les jeunes se contentent de situations de travail peu, voire mal, rémunérées, dans le secteur informel essentiellement.

Conséquence, la Banque mondiale dans son étude révélait que deux tiers des emplois sont rémunérés à un niveau moyen mensuel de 65 000 FCFA (99 euros), dans l’auto-emploi ou l’emploi familial, dans de micros entreprises.

« Une meilleure connaissance du secteur informel permettra assurément de trouver les mécanismes pour entrer progressivement dans une économie moderne, à même d’assurer la compétitivité, donc la croissance, pour la création d’emplois durables, décents et rémunérateurs » a commenté Kablan Duncan.

L’emploi des jeunes a été l’une des priorités du président ivoirien Alassane Ouattara durant la campagne pour la présidentielle d’octobre dernier. L’enjeu pour le pays, qui vise une croissance de son PIB de 9,8% cette année, est de ne pas laisser à la trappe une jeunesse de plus en plus scolarisée.

Ibrahim Ba, le directeur de l’Institut national de la statistique (INS) qui va mener l’étude, a indiqué que la collecte des données se déroulera pendant un peu plus de deux mois. L’enquête va coûter 425 millions FCFA, soit 646.000 euros.

 

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