Khalid Berrada, Casablanca


imageLa diplomatie du chèque supposée à tort régir les prises de position de l’Afrique sur les questions majeures du monde et orienter son immense réservoir de voix à l’ONU  semble faire échec aux calculs des leaders iraniens.

Le volte-face de l’allié soudanais qui a rompu ses relations diplomatiques, début janvier,  avec son allié de naguère pour rejoindre la coalition sunnite de 34 Etats dont 20 africains, illustre bien  l’impasse africaine  Téhéran.

Début janvier, plusieurs   pays du continent ont décidé de tourner le dos à ce pays réputé généreux dans le traitement de ses amis mais aussi encombrant dans ses étreintes et sa vision révolutionnaire du monde.  La Somalie en reconstruction qui comptait beaucoup sur le pétrole des Ayatollah a préféré coupé court à des relations généreuses mais enrobées d’un certain projet d’implanter un foyer chiite dans cette contrée de la corne de l’Afrique en proie à l’instabilité depuis 1991. Djibouti en a fait de même.

Cette langue de terre aux confluents de la Mer rouge et de l’Océan Indien a eu peur que sa  trop forte proximité avec Téhéran ne fasse ombrage  dans ses rapports avec la France et les USA qui y disposent de bases militaires et de centres d’observations qui balaient régulièrement la région du Golfe arabo-persique. Même l’Erythrée, en situation d’isolement total dans les relations internationales, a fini par rompre ses relations diplomatiques avec Téhéran.

En Afrique de l’Ouest, terre de l’islam sunnite par tradition, le temps est à l’expectative. Le Nigeria a étouffé dans l’oeuf une révolte chiite de l’imam Zakzaky mais doit faire avec des tensions confessionnelles entre sunnite et chiite (du jamais vu au sud du Sahara).

Le Sénégal qui rêvait un temps  de relancer son industrie automobile  par la coopération iranienne l’a appris à ses dépens: Téhéran place  l’agenda politique avant celui des affaires.  Un  arraisonnement d’un navire bourré d’explosifs au port de Lagos et destiné, vraisemblablement,  à la Gambie a refroidi l’espoir d’un transfert de technologie qui aurait été  revitalisant pour la coopération du Sud-Sud.  Une longue année aura été nécessaire aux deux pays pour remettre les pendules à l’heure. Depuis, les relations entre Dakar et Téhéran sont redevenues cordiales mais distantes.