Par Khalid Berrada, Casablanca


 

khameniCoincé dans le Golfe arabique par le front sunnite, l’Iran semble trouver dans l’Afrique noire la terre promise pour l’internationalisation de sa révolution.

Entre les missions de prédication religieuse, les foires commerciales et les ventes d’armes légères, la république des Ayatollah mène un activisme aux buts clairs: implanter  un foyer chiite dans cette Afrique de l’Ouest acquise au sunnisme dans son écrasante majorité et étendre une influence diplomatique et guerrière qui traverse des moments critiques en Syrie et au Yémen.

Faut-il le rappeler, les coups de boutoir des missionnaires iraniens au Sud du Sahara n’ont réussi jusque-là qu’à implanter une petite antenne au Nigeria. Mais là aussi, dans  le pays le plus peuplé d’Afrique, cette greffe réalisée dans les années 90 à coup de pétrodollars, n’a pas encore  pris, parvenant cependant à fissurer le tissu fragilisé de la communauté musulmane de ce pays.

Actuellement emprisonné, le chef chiite Ibrahim Zakzaky n’a pas pu recruter assez de fidèles parmi l’immense masse des déshérités nigérians. L’ancien Etudiant de l’université Ahmadu Bello, l’un des premiers nigérians à s’être convertis au chiisme,  est devenu à force de Jihad la principale cause de crispation  dans les relations tendues entre Téhéran et Abuja.

Ce maigre «succès» nigérian si tant qu’on peut l’appeler ainsi ne compense pas une véritable déroute diplomatique africaine de l’Iran depuis le début de sa campagne confessionnelle au  Yémen par milices interposées en janvier 2015. Ainsi, le Soudan, ancienne arrière cour des Ayatollah, a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran il y a quelques semaines à cause, explique-t-on à Kharthoum, d’un prosélytisme chiite jugé ostentatoire par ce régime théocratique sunnite. La Somalie et Djibouti, ponts naturels entre le monde arabe et l’Afrique via le Golfe d’Aden, ont fait de même obligeant les Pasadaran à chercher de nouvelles cibles.

Quant au Sénégal, longtemps objectif stratégique pour la diplomatie iranienne, il s’est aligné  aux côtès des 20 pays du continent engagés dans la grande coalition sunnite conduite par l’Arabie Saoudite. Autrefois tentée par une alliance, Dakar s’est éloignée de l’Iran suite à l’affaire jamais élucidée du cargo bourré d’armes iraniennes interceptées à Lagos et en partance en Gambie.

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